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Maserati Story.

lundi 18 août 2003, par Christian Bouchat.

Maserati est l’un des plus grands noms de l’histoire de l’automobile. L’histoire de ces marques prestigieuses est fréquemment semée d’embûches que la passion crée, parce qu’elle exige toujours plus, mais cette même passion donne aussi l’énergie pour surmonter ces mêmes embûches. Maserati confirme cette règle.



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Jean Behra au volant d’une Maserati 250 FT2 de 1957.

L’épopée des automobiles Maserati peut être divisée en dix périodes :

1914 >1926. Les frères Maserati débutent dans le business.

Le 14 décembre 1914, deux frères, Alfieri (né en 1887) et Ettore (né en 1894), fondent à Bologne une petite société spécialisée dans l’amélioration des Isotta Fraschini. Dès 1915, un troisième frère entre dans la société, Ernesto Maserati (né en 1898).

Durant de longues années, l’activité la plus rentable de Maserati était la fabrication de bougies d’allumage.

A partir de 1922 commence une collaboration avec Diatto, autre fabricant italien pour qui Alfieri Maserati dessine en 1925 une voiture de Grand Prix munie d’un 8 cylindres en ligne à compresseur de 2 litres de cylindrée.

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Entr 1939 et 1947, la 4 CL sera un excellent porte-drapeau pour Maserati.

1926 > 1937. Les frères Maserati construisent des Maserati.

La Tipo 26 est la 1ère automobile à se nommer Maserati et à arborer le trident, un des sigles automobiles les plus connus au monde.

La Fontana Nettuno est la fontaine qui symbolise Bologne. Cette fontaine est dominée par une magnifique sculpture créée en 1563 par le sculpteur flamand Jean Boulogne dit « Giambologna » (1529-1608). Elle représente Neptune armé d’un superbe trident. Il était cohérent d’arborer ce trident comme emblème d’une marque dirigée par trois frères originaires de Bologne.

Extrapolée de la Diatto de 1925, la Tipo 26 reçoit un 8 cylindres en ligne à compresseur de 1493 cm³ qui donne une puissance de 125 CV à 5300 tr/mn. Elle est l’aînée d’une exceptionnelle lignée de voitures de compétition qui brillera durant quarante ans.

La Tipo 26 sera rapidement suivie des Tipo 26 B de 2 Litres, 8 C 1700, puis en 1929 apparaît une des voitures les plus exceptionnelles de son époque, la Maserati V4, qui comme son nom ne l’indique pas, est équipée d’un V16 à double compresseurs de 3961 cm³ que la puissance de 305 CV à 5200 tr/mn rendait particulièrement délicate à piloter. Elle sera produite à 2 exemplaires, une version GP avec laquelle Alfieri Maserati bat en 1929 le record du tour au Grand Prix d’Italie à Monza à la moyenne de 199,8 Km/h !!! (Ce record ne sera battu qu’en 1954 !!!), et une version Sport carrossée par Zagato. La version GP a sans doute servi de base à une version encore plus puissante, la Tipo V5 détruite par Luigi Fagioli.

Le 3 mars 1932, Alfieri Maserati décède des suites d’un accident sur le circuit de Messine en 1927. Ernesto Maserati remplace avec talent son frère et Bindo Maserati (né en 1883) entre dans la société.

Toute cette période est exclusivement consacrée à la compétition avec quelques très belles victoires en Grand Prix, comme celle de Tazio Nuvolari au GP de Belgique 1933 au volant d’une Maserati 8CM. Mais c’est dans les catégories inférieures que Maserati, grâce aux 4 CM et 4 CS truste les victoires.

(4 = 4 cylindres, C = CORSA, M = Monoposto et S = Sport)

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Présentée dans l’immédiat avant-guerre, la 8 CL participera aux premiers Grands Prix d’après-guerre.

1937 > 1947. La famille Orsi entre dans l’histoire Maserati.

Il est une règle connue depuis toujours du milieu de la course automobile : les succès sportifs ne rapportent pas autant qu’ils ne coûtent. Les frères Maserati vendent leur société à Adolfo et Omer Orsi, les père et fils d’une famille originaire de Modène, tout en gardant la direction technique de la société.

Grâce à la 8 CTF, Maserati est la seule marque à pouvoir inquiéter, de temps à autre, les Mercedes et autres Auto Union en Grand Prix. Les Maserati 8 CTF parviennent à gagner quelques Grand Prix, mais les victoires les plus importantes restent celles emportées aux 500 miles d’Indianapolis de 1939 et 1940 par Wilbur Shaw au volant de sa Maserati 8 CTF renommée Boyle Special.

1940, l’usine Maserati est transférée à Modène.

Durant toute la seconde guerre mondiale, Maserati construit des véhicules électriques dès la fin des hostilités.

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LaMaserati A6 1500 carrossée par Pinin Farina, la première GT de Maserati.

En 1946, Maserati présente un projet qui est à l’étude depuis 1941, la Maserati A6, 1ère Maserati à vocation routière. C’est une berlinette à 6 cylindres en ligne de 1488 cm³, carrossée par Pinin Farina, rapidement suivie de versions de course, les A 6 CM et A 6 CS.

Lors de la vente de la société à la famille Orsi, les frères Maserati avaient signé un accord qui les obligeait à rester à la tête de la direction technique pendant un minimum de 10 ans. Ce délai se terminant en 1947, les frères Maserati décident de retrouver leur indépendance et créent la firme Osca (Officcine Specializzata di Costruzzione Automobili).

1947 > 1957. L’Apogée sportive de Maserati.

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Une des plus grandes réussites de Zagato est ce dessin sur châssis Maserati A6G/54.

Durant une décennie, la famille Orsi engage les Maserati sur tous les fronts. Grâce à la magnifique Maserati 250 FT 2, Juan Manuel Fangio remporte son 4ème Championnat du Monde de F1 en 1957. Ces succès ont malheureusement un prix exorbitant qui laisse la société exsangue. La production anecdotique des superbes A6 et A6 G / 54 est une goutte dans l’eau des coûts de revient d’une écurie de F1. Le redressement judiciaire est inévitable. Les curateurs et la famille Orsi décident d’une réorganisation complète.

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La 3500 GT a été une étape importante pour Maserati.

1957 > 1968. La rentabilité par les Grand Tourisme.

On oublie la F1 et ses coûts pharaoniques qui ne peuvent être compensé par la vente de quelques dizaines de voitures de course par an. Il faut vendre des GT puissantes et confortables de grosse cylindrée qui permettent de faire de substantiels bénéfices. La 3500 GT sera une réussite commerciale (1.981 exemplaires de 1958 à 1964 pour 240 Maserati A6 et A6G de 1946 à 1957).

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Le dessin de la Maserati 5000 GT à carrosserie Alemano est typique de ce carrossier.

Tout au long des années ’60, les Maserati Sebring, Mistral et Ghibli reproduiront partiellement la réussite commerciale de la 3500 GT. La Maserati Mexico sera un demi échec et les rarissimes Maserati 5000 GT (28 exemplaires), une réussite médiatique avant que l’on s’intéresse à cette forme de publicité.

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Maserati 3500 Spider dessinée par Vignale.

En 1962, Maserati crée une petite révolution en lançant sur le marché la première berline de prestige capable d’atteindre et de dépasser les 220 Km/h. Entre 1964 et 1971, 758 Maserati Quattroporte sont vendues.

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Maserati Mistral de 1963. Elle est la première à porter un nom lié au thème du vent

Au cours de ces dix années, le démon de la course est demeuré avenue Ciro Menotti. Chaque année sont apparues de nouvelles barquettes Sport pour certains clients et importateurs. Malheureusement, jamais assez abouties ni assez nombreuses pour réellement inquiéter durablement les ténors de la spécialité.

Le projet le plus intéressant aura été l’accord entre Cooper et Maserati pour que cette dernière livre des moteurs V12 de 3 litres de cylindrée pour la nouvelle réglementation de F1. Malheureusement, en deux ans (1966 & 1967), les Cooper - Maserati ne gagneront que deux Grands Prix.

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La rarissime Maserati Ghibli Spyder.

1968 > 1975. L’accord technique, l’achat puis la vente de Maserati par Citroën.

En 1968, la famille Orsi signe un contrat de partenariat technique avec Citroën, puis jette l’éponge et vend toute la société Maserati après 30 années d’incessants combats passés à tenter de la maintenir à flot. Le moment est idéal pour vendre, les chiffres de ventes sont au plus haut : 719 Maserati sont vendues en 1968.

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La première Maserati à moteur central, la Bora.

Entre 1969 et 1975, vont apparaître les Maserati Indy (1969 > 1975), Bora (1971 > 79), Merak (1972 > 1976) et Khamsin (1973 > 1982). La collaboration technique entre les deux bureaux d’étude donne aussi le moteur de la Citroën SM (1970), employé en différentes versions dans la Merak. Il y a aussi la Quattroporte II, extrapolation à 4 portes de la Citroën SM. Treize Quattroporte II de présérie sont fabriquées, quand la crise fait tout arrêter.

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Maserati Khamsin à direction Citroën.

Car à la fin de 1973, les événements se succèdent rapidement. La première crise pétrolière provoque une réaction en chaîne. Pour toute l’industrie automobile, les premiers mois qui ont suivi cette crise furent dramatiques. En 1973, les ventes de Maserati sont bonnes, 738 Maserati vendues, mais descendent à 580 unités en 1974 pour littéralement s’effondrer à 201 unités en 1975.

Michelin, propriétaire de Citroën depuis la banqueroute d’André Citroën en 1935, prend la bonne décision, du moins pour elle, c’est-à-dire liquider Maserati, puis vendre Citroën afin de se concentrer sur les pneumatiques, son métier de référence.

1975 > 1982. Alejandro De Tomaso sauve Maserati.

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La Quattroporte III et la Biturbo, les deux grands succès de l’ère de Tomaso.

Cette décision est catastrophique pour Maserati, le marché est complètement déprimé et son actionnaire principal baisse les bras, il n’y a plus d’argent pour pouvoir lancer de nouveaux modèles qui auraient pu relancer la production.

Heureusement, Don Alejandro arrive au grand galop et, pareil à Zorro, sauve Maserati.

Grâce au bénéfice fait avec les De Tomaso Pantera vendues par Ford aux USA, Alejandro De Tomaso rachète 30 % de Maserati, le solde est pris en charge par le GEPI, organisme d’Etat Italien.

La Maserati Indy disparaît de la gamme ’76. La peu inspirée Kyalamy est la première Maserati de l’ère De Tomaso. C’est une De Tomaso Longchamp rebadgée, équipée du V8 Maserati. Présentée en mars 1976, elle sera produite jusque 1983 à 199 exemplaires.

Suivra très rapidement la Quattroporte III. Dessinée par Giugiaro, c’est une réussite tant commerciale qu’esthétique.

Les temps sont durs pour les petits fabricants de voitures de sport, 1982 > 12/1989. Les Maserati Biturbo.

Depuis la fin de deuxième Guerre Mondiale, le marché nord américain a toujours eu une importance capitale pour l’industrie automobile de luxe. Il a fait la fortune de constructeurs, malheureusement, le marché nord américain suit des modes qui sont plus ou moins, plutôt moins…, prévisibles. Ce qui engendre des chutes de ventes aussi importantes que soudaines. Ce qui fait du plus important marché, le plus instable et rend la gestion de ces marques encore plus difficile.

Maserati présente en décembre 1981 le coupé 4 places Biturbo à V6 2 Litres de 180 CV. Il fait un tabac immédiat aux U.S.A. Dès 1982, Les Merak et Kyalamy sont retirées des chaînes de montage pour permettre de produire plus de Biturbo. La demande est telle que les ventes passent de 528 en 1981 à 2.668 en 1982…

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La Maserati Biturbo 1982 au succès fulgurant.

La gamme Maserati 1983 se limite à deux modèles, le coupé Biturbo et la berline Quattroporte. La production monte à 5.333 unités !!!

L’année 1984 voit la gamme s’étendre. Un V6 2.5 Litres de 200CV à 5500 tr/mn est proposé dans le coupé et dans une berline quatre portes, la 425, alors que la grosse Quattroporte continue à se vendre.

De Tomaso rachète les 70 % d’actions Maserati que possède l’état Italien. Les ventes atteignent le chiffre respectable de 6.365 Maserati en 1984. La gamme Maserati ’84 se compose de 4 modèles.

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La Spyder à moteur Biturbo était dessinée montée par Zagato.

La gamme est complétée en 1985 par Le Spyder 2Litres et le coupé 228. Des variantes de puissance compliquent la gamme qui passe à 8 modèles. Les ventes ’85 fléchissent légèrement à 5.668.

Le marché américain s’épuise et le manque de fiabilité des Maserati Biturbo complique encore la donne. La multiplicité des modèles n’évite pas l’écroulement des ventes. Les ventes de 1989 sont presque redescendues aux chiffres de 1982, 2.975 voitures dans une gamme composée de12 modèles, soit une moyenne de 248 voitures par modèle ’89 pour une moyenne de plus de 1.300 voitures par modèle ’82 !!! Bonjour la rentabilité !!!

En décembre 1989, Alejandro De Tomaso vend 49 % des actions Maserati à Fiat.

12/1989 > 11/1999. Les Biturbo sous l’ère Fiat.

Entre 1970 et 1973, durée des fiançailles entre Citroën et Fiat, Maserati a déjà fait partie du groupe Fiat. 20 ans après, Maserati revient sous le giron de Fiat.

Des décisions pénibles sont prises. Pour maintenir l’emploi, des Fiat Panda sont montées sur certaines chaînes de montage Maserati !!! Les ingénieurs Fiat améliorent peu à peu la qualité des Biturbo, mais le mal est fait.

Car les ventes continuent de chuter : 1990 = 2750 Maserati vendues. 1991 = 1757 Maserati vendues. 1992 = 1246 Maserati vendues.

En 1992, apparaît la Maserati Shamal, un coupé Maserati à moteur V8 turbo et la Barchetta.

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La Maserati Barchetta à V6 Biturbo de 1992.

En mars 1993, Fiat rachète les 51 % qu’Alejandro de Tomaso possède encore. La nouvelle Ghibli et la Barchetta sont présentées. La production tombe à un niveau historiquement bas : 440 Maserati vendues en 1993. Il faut remonter aux années les plus sombres de la 1ère crise pétrolière pour trouver des chiffres pareils.

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Maserati Ghibli 1994.

Heureusement, dès 1994, les chiffres retrouvent une certaine hauteur : 750 unités.

Les ventes de 1995 (980 unités) sont dopées par la présentation de la Maserati Quattroporte de la 4ème génération.

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La Maserati Quattroporte Evoluzzione de 1998 à V8 Biturbo.

Les années suivantes voient les ventes stagner. La seule décision raisonnable est prise. Il faut que la locomotive Ferrari tire Maserati pour qu’enfin elle prenne son envol.

La Maserati 3200 GT est présentée à la fin de l’année 1998. C’est une réussite et permet d’atteindre des chiffres de production oubliés. 1851 Maserati vendues en 1999 avec uniquement deux modèles, la Quattroporte et la 3200 GT.

En novembre 1999, Fiat officialise le mariage entre Maserati et Ferrari.

11/1999 > ??? - L’association parfaite.

Depuis, les ventes se maintiennent, 1959 en 2000 et 1913 en 2001, alors que la Quattroporte disparaît du catalogue.

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Le superbe Spyder Maserati présenté en 2001.

En juillet 2001 sont présentés les Maserati Coupé et Spider à moteur V 8 atmosphérique de 4,2 Litres, le 1er moteur atmosphérique depuis la fin de la production en 1990 de la Quattroporte appelée Royale depuis les modifications de 1986.

Dès le Salon de Francfort, la Quattroporte 5ème génération comblera un trou dans la gamme Maserati, mais ceci est une autre histoire...

A lire aussi :
 Maserati QUATTROPORTE. L’historique d’un grand classique
 [La 5ème génération de la Maserati QUATTROPORTE. Le retour d’un grand classique-art208]


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