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Le Neige & Glace en Austin Healey !

Première publication : 15 avril 2004, mise en ligne: mercredi 7 avril 2004, par Patrick Malherbe

Rallye neige et glace du 25 au 27 février 2004 (reportage de Patrick Malherbe).

Notre participation au « neige et glace » a débuté par une boutade lancée lors de l’assemblée générale du club Healey le 16 janvier. Nous étions à la même table que Camille Liénart, et ayant appris que Jacques Querton participait au rallye, je lance à Camille : « et si on le faisait ensemble ». Après quelques jours de réflexion, le projet se concrétisa. Camille était sur le point d’acheter un plateau transport voiture qui s’avéra bien utile pour descendre la voiture jusque Grenoble. Avant le départ, nous avions prévu une demi-journée dans la région de Spa pour enseigner à Camille les subtilités d’un road book et de la régularité. Il avait en effet participé à des rallyes mais uniquement en tant que pilote, ce qui n’est pas vraiment la même chose. Notre entraînement sur le parcours de l’Ardenne Bleue fut écourté par la neige qui nous empêcha de passer dans un petit chemin non dégagé, mais fut néanmoins bien utile comme on le verra plus tard. La seule préparation spécifique pour le rallye a été le montage de 4 pneus hiver Vredestein lamellisés et cloutés qui s’avérèrent redoutables sur la neige, mais également très efficaces sur les routes sèches qui furent nombreuses en parcours de liaison.

Comment ma Healey va-t-elle digérer les trente cols au programme ? Comment va-t-elle se comporter sur la neige ? Telles sont les questions que je me pose avant le départ.

Notre principal objectif est de ramener une voiture intacte en Belgique.

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Notre Healey 3000 de 1959 part à l’assaut des splendides routes du massif du Vercors, un haut lieu du vrai rallye Monte-Carlo d’antan.

Nous voilà donc au départ le matin du 25,

En compagnie de quelques gros bras français, comme Bruno Saby et Henry Pescarolo tous deux sur berlinette Alpine Renault, et d’une bonne colonie belge dont quelques spécialistes de la régularité comme Lopes et Lambert engagés sur une mini Cooper S.

Notre Healey 3000 de 1959 nous vaut d’arborer le N° 4. Nous partons parmi les toutes premières voitures sous le soleil à l’assaut des splendides routes du massif du Vercors, un haut lieu du vrai rallye Monte-Carlo d’antan. Au programme 265 km et 6 étapes spéciales de régularité où nous devons être précis à la seconde près pour respecter notre moyenne imposée de 45 km/h.

Les premières montées de cols ont vite fait de me rassurer sur le potentiel de notre « bête », la puissance, le couple et la souplesse du 6 en ligne permettent d’avaler sans peine les difficultés, elle est en forme, elle en veut et l’équipage aussi. Les premières étapes de régularité se passent bien, on trouve notre rythme et Camille se débrouille très bien. Quant à moi, quel plaisir de conduire sur de belles routes où il y a peu de trafic, qui demandent du pilotage et où on peut exploiter au mieux le potentiel de la Big Healey.

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Les premières montées de cols ont vite fait de me rassurer sur le potentiel de notre "bête" !

Non, ce n’est pas par hasard que les Healey ont remporté au début des années 60 plusieurs fois la coupe des Alpes ou le Liège Rome Liège, ces machines sont taillées pour cela.

J’ai juste quelques soucis avec mes freins avant, la voiture tirant d’un côté, mais il suffira de moins utiliser la pédale du centre jusqu’à ce que l’équipe d’assistance de Jean-Claude Mathoul, l’ange gardien des mécaniques belges sur le rallye, résolve le problème.

Le soir du premier jour, nous apprenons, à la grande joie de Camille et à l’étonnement de certains, que nous sommes classés 3ème derrière 2 autres Belges, je n’en attendais pas tant.

Jeudi, les choses sérieuses commencent,

On annonce de la neige, il en tombera, mais moins qu’en Belgique à la même époque. Toutefois, 302 km et 7 étapes de régularité sont au programme. Le temps est très couvert et certaines étapes sont parcourues dans le brouillard et sur la neige. Je me souviens d’une descente de col où la visibilité n’excédait pas 20 mètres. Nous aurons la surprise d’y découvrir au détour d’un virage, la voiture ouvreuse, l’Alpine pilotée par Eric Comas déposée sur un mur de neige 2 mètres plus haut que la route, on a bien ri en le dépassant... aurait-il le pied droit un peu trop lourd ?

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il a neigé et le soleil est au rendez-vous, le paysage est superbe.

Après un très agréable repas de midi au château de Passière, nous aurons droit à notre vrai baptême sur la neige avec une double étape dans le col de Menée. Il faut savoir qu’ici, des étapes spéciales successives sont organisées (jusqu’à 5) et, chaque fois, il faut s’arrêter au Contrôle Horaire, attendre qu’on vous marque le temps et ensuite récupérer le temps perdu lors de l’arrêt. Bref c’est du sport, ce qui n’est pas pour me déplaire. Pour revenir au col de Menée, c’est une petite route extrêmement sinueuse avec une succession d’épingles à franchir en 2ème, le tout recouvert d’une belle couche de glace particulièrement glissante. Espérer enchaîner les courbes à un certain rythme sans balancer la voiture est exclu, appels et contres appels sont au programme, ce que mon copilote découvre non sans une certaine émotion. Mais la Healey motrice super bien en 3ème sur le couple et on enroule les courbes en la plaçant où on veut tout en gardant une marge de sécurité, le pied total... pour le pilote. A l’arrivée, tout le monde est en retard, il était impossible de pointer dans les temps et seules trois voitures, dont la nôtre, auront légèrement moins d’une minute de retard. Mais comme la pénalité maximum par étape est ici de 60 secondes, cela ne nous aidera malheureusement pas. Au soir du 2ème jour, nous sommes classés 5ème mais les écarts sont faibles entre les voitures de tête.

Vendredi 27 février 3ème et dernière étape,

Annoncée comme la plus difficile, 249kms et 8 secteurs de régularité.

Ce matin, il a neigé et le soleil est au rendez-vous, le paysage est superbe. Nous débutons par une longue liaison. On monte par le col de Romeyenne vers les grands goulets du Vercors. La route grimpe, elle est superbe mais très étroite. A gauche le rocher qui parfois surplombe la route avec des stalactites de glace qui pendent menaçantes au-dessus de notre frêle capote, et à droite, le précipice. Soudain, en contournant un rocher nous tombons nez à nez avec une pelle de chasse-neige qui barre toute la route !! Dans un crissement de clous martyrisés la Healey s’immobilise à 2 mètres du chasse-neige et à 30 cm du trou, Oups !! Ce sera ma seule petite « chaleur » du rallye. Quelques kilomètres plus loin nous rattrapons la Lancia Aurélia B20 de Catherine d’Andrimont et cela nous laissera en mémoire les superbes images de nos deux voitures évoluant sur la neige dans un décor de carte postale. La première double étape enchaîne le col de la Machine et ensuite le col de l’Echarasson, petite route bien enneigée où je m’en donne à cœur joie entre les murs de neige, superbe ! Le moteur chante d’une courbe à l’autre et la voiture glisse juste ce qu’il faut pour enchaîner les courbes tout en souplesse. Dommage que la route ne soit pas plus longue...

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la Healey motrice super bien en 3ème sur le couple et on enroule les courbes en la plaçant où on veut tout en gardant une marge de sécurité, le pied total... pour le pilote...

Après notre copieux déjeuner à Vassieux en Vercors nous repartons, chouette, par le col de l’Echarasson, mais en sens inverse pour une succession de 5 étapes spéciales, du sport en perspective. Mais on s’en sort pas trop mal en arrivant même à pointer à 0 lors du troisième CH. Ensuite il n’y a plus qu’à parcourir la longue liaison qui doit nous ramener tranquillement jusqu’à Voreppe ou sont l’arrivée et notre hôtel. Apres la tension des spéciales on se déconcentre quelque peu et on s’aperçoit soudain que l’on se retrouve au sommet du Col de la Machine. On est perdus ! Plus du tout sur le road book. Le temps de sortir la carte et de tomber sur quelqu’un, on réalise qu’on a au moins 30 kilomètres de col en plus à parcourir pour retrouver la bonne route...Nous pouvons encore nous permettre 21 minutes de retard sur notre heure idéale à l’arrivée, au-delà, on risque des pénalités qui nous feraient perdre le bénéfice de notre beau rallye. Camille, accroche-toi on va faire parler la poudre...La Healey rugit et donne tout ce qu’elle a dans le ventre pour dévaler la montagne, les pneus sentent le caoutchouc brûlé, les freins réclament quelques pompages d’appoint mais la moyenne ne faiblit pas, big attack. !! Heureusement, pas de radar en vue et une route relativement dégagée. On rejoint la route du rallye, on rattrape une série de concurrents partis bien après nous et on arrive enfin à l’hôtel sans pénalité, ouf ! On a eu chaud, mais on y est et la voiture est intacte, le principal objectif est atteint. Pour le classement, nous devrons attendre le dessert du dîner de gala.

Le suspense est à son comble, les concurrents sont cités dans l’ordre décroissant de l’arrivée les meilleurs à la fin. Je m’attends à être dans les 10 premiers, Camille parie sur la 5ème place. Finalement nous sommes 4ème, un super résultat que nous n’aurions jamais espéré en prenant le départ, le champagne et une énorme coupe nous attendent. N° 4 au départ et 4ème à l’arrivée ça c’est de la régularité !

Lopes et Lambert remportent le rallye et 4 Belges occupent les 4 premières places. On a fait fort chez les Français. Notre ami Jacques Querton et sa Frogeye terminent 14ème avec quelques ennuis de rétrotrip et de fusibles.

Bilan :

Une super expérience d’un rallye bien organisé par Patrick Zaniroli et son équipe. Une épreuve certes sportive, mais avec des poses-repas et un logement très corrects, qui nous a permis de rencontrer des Français passionnés bien sympas. De plus, un très bon rapport qualité prix. A refaire en espérant plus de neige la prochaine fois J’adooore !!!!

A bientôt peut-être pour de nouvelles aventures sportives...

Patrick


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