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La Turbotraction de Spirou a bien existé !

Première publication : 15 novembre 2004, mise en ligne: jeudi 9 décembre 2004, par bob, Didgé

En 1954, les lecteurs du journal Spirou purent découvrir une voiture d’avant-garde destinée à supplanter le parc automobile de l’époque : la Turbotraction. Spirou et Fantasio partaient pour l’Afrique à la recherche des plans volés de cette voiture équipée d’un moteur à turbopropulsion.

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Spirou & Fantasio découvrent la Turbotraction.

Le génial dessinateur de bandes dessinées André Franquin à qui nous devons également (entre autres) le Marsupilami et Gaston, a toujours suivi de près le monde des prototypes.

Dans l’album « La Corne du Rhinocéros », il nous présente une superbe voiture décapotable aux lignes fluides et aérodynamiques, très rapide avec une tenue de route exceptionnelle et un freinage puissant. Bref, la voiture idéale. Imaginaire, qui ne peut exister que dans l’esprit d’un artiste me direz-vous ... et bien non, cette voiture aérodynamique au Cx de 0,19 en avance sur son temps a bel et bien existé sous le nom de : SOCEMA-GREGOIRE

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Ressemblance saisissante entre la Turbotraction de Franquin et la Sogéma-Grégoire.

Paris 1951, le Salon de l’automobile ouvre ses portes ...

Paris, le 3 octobre 1951, le 38e Salon de l’automobile ouvre ses portes. Face à la concurrence étrangère, la construction française brille d’un vif éclat. Après les années de guerre, d’occupation et de rationnement, l’ère du client-roi s’annonce. Sont présentes : Renault, Citroën, Peugeot, Simca, Panhard, mais aussi Bugatti, Delahaye, Delage, Salmson, Talbot ... et Hotchkiss.

En passant à côté du stand, l’œil est immédiatement attiré par une voiture de couleur rouge avec des flancs blancs aux formes rondes et aux chromes rutilants.

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La luxueuse Hotchkiss-Grégoire.

Un homme de taille moyenne, mince, élégamment vêtu d’un costume croisé gris, surveille les derniers Préparatifs. En ce moment précis, Jean-Albert Grégoire vit un des plus grands moments d’une carrière déjà fertile : le lancement commercial de celle qu’il considère comme l’œuvre de sa vie et pour laquelle il travaille depuis près de dix ans : la Hotchkiss-Grégoire.

Jean-Albert Grégoire, fervent amateur de belles voitures rapides !

J-A Grégoire a eu un parcours atypique : joueur de rugby, champion de France du 100 mètres, docteur en droit, pilote de Harley Davidson et polytechnicien. Jeune ingénieur, il débute comme garagiste en 1925.

En 1927, avec son ami Pierre Fenaille, il fonde à Asnières la Société des Automobiles Tracta. Leur invention commune, le joint homocinétique Tracta rendit concevable la traction avant des automobiles. Il permettait d’éviter les à-coups dans la transmission lors du braquage des roues. J-A Grégoire en vendra la licence à la société américaine Bendix dès 1932.

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Depuis l’époque des Tracta, J-A. Grégoire est un fervent amateur de belles voitures rapides. En compagnie de sa femme, il pose ici à côté d’un coupé Tracta 17CV type F carrossé par Duval. La photo est prise vers 1933.

Il participa également à la mise au point de la transmission de celle que tout le monde connaît sous le nom de traction avant mais refusera d’être appointé par Citroën, ne voulant pas agir en qualité de conseiller technique dans la fabrication.

L’homme a parfaitement compris que pour aller plus loin, de puissants appuis sont nécessaires. Dans les années 30, les recherches qu’il poursuit sur l’allègement des véhicules l’ont conduit à entamer une collaboration technique avec l’A F (Aluminium Français). Il est parvenu en quelque temps à cimenter des liens extrêmement durables dans les hautes sphères de l’industrie des alliages légers et de l’électricité.

A partir de 1947, Grégoire lie son destin à Hotchkiss. En 1949, la fabrication de la Grégoire R est suivie avec beaucoup d’attention par la presse.

La Socéma-Grégoire.

Au début des années 50, le moteur à turbine est à l’avant-garde de l’actualité. Beaucoup d’observateurs voient en lui le moteur de l’avenir et sont d’avis que, tout comme l’a fait l’aviation, l’automobile na va pas tarder à abandonner le moteur à pistons. Chrysler aux Etats-Unis, Rover en Angleterre, Fiat en Italie, travaillent alors à son expérimentation.

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Le 23 juillet 1952, J-A. Grégoire auprès de la carrosserie Socéma-Grégoire en cours de fabrication chez Hotchkiss.

Au cours de l’été 1950, Grégoire entreprend une étude similaire. La turbine proprement dite est dessinée par un ingénieur de la SOCEMA, filiale de la CEM (Compagnie ElectroMécanique).

La responsabilité de J-A Grégoire porte essentiellement sur la réalisation de la carrosserie du futur véhicule. Il prendra en charge le lourd programme d’étude d’une carrosserie aérodynamique, conduite intérieure 2 places avec suspension à flexibilité variable. L’aérodynamisme est poussé jusqu’à un remarquable Cx de 0,19.

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La maquette de la Socéma-Grégoire en soufflerie. Un Cx de 0,19 !!

La Socéma reprendra beaucoup d’éléments expérimentés sur la Grégoire R et la Hotchkiss-Grégoire. Evolution significative, les éléments d’alliage léger boulonnés entre eux, qui constituent la carcasse coulée sont de petites dimensions. Plus faciles à couler, les pièces sont plus faciles à assembler ...

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L’implantation de la mécanique dans la Socéma-Grégoire.

Achevée pour le salon de Paris de 1953, la belle SOCEMA-GREGOIRE ne fut pas à hauteur des espérances. Elle roulera peu et connaîtra une carrière des plus discrètes. Aujourd’hui, les lignes de sa magnifique carrosserie Hotchkiss et son moteur à turbine peuvent être admirés au Musée Automobile de la Sarthe au Mans.

A LIRE :
 « Grégoire une aventure Hotchkiss » de Marc Antoine Colin.
 De la Grégoire "R" à la Grégoire Sport, cet ouvrage retrace, de 1943 à 1960, un moment essentiel de "l’Aventure Automobile" de J.A. Grégoire. A l’aide de documents d’archives inexploités jusqu’à présent, illustré de près de 300 photos pour la plupart inédites, il permet au lecteur de pénétrer au coeur de l’éphémère destin de celle qu’on surnomma la voiture du demi-siècle : l’Hotchkiss-Grégoire. A découvrir absolument !

Vous pouvez retrouver cet ouvrage dans notre librairie Automag.


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