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Comment préparer sa voiture pour une journée circuit amateur ?

Première publication : 30 mars 2005, mise en ligne: vendredi 25 mars 2005, par Hiro

Participer à une journée d’essai libre sur circuit :



Quelques conseils destinés aux Passionnés qui souhaitent s’essayer sur piste.

Ces journées sportives sont super récréatives et sans danger, pour peu que l’on suive quelques recommandations élémentaires.

Hiroshi Sakamoto est un passionné de circuit, il a préparé une Opel Kadett GTE pour le Trophée Sixties & Seventies et s’occupe également du Rétro Racing Opel Club (RROC). Hiro, que ses amis surnomment "Pumba" (va savoir pourquoi ?), est toujours disponible pour aider les passionnés qui aimeraient tenter l’aventure du circuit, et ses conseils sont précieux.

Suivez le guide !

Avant :

Assurez-vous de venir sur circuit avec quelques copains. C’est toujours plus drôle en groupe, et même si tout le monde ne met pas sa voiture sur piste ce jour-là, vous serez peut-être content de confier le volant de votre auto pour le trajet du retour, tant la dépense d’énergie sur circuit est fatigante !

Bien entendu, le plus simple est de rejoindre le groupe de Pistards du RROC, qui vous fournira l’encadrement idéal pour faire vos débuts en toute quiétude !

Choisissez un circuit approprié ou les conditions de sécurités sont optimales, notamment grâce à la présence de nombreux commissaires de course très vigilants, un tracé très sinueux du circuit étant lui-même garant d’une faible vitesse maximale.

Choisissez une date à laquelle le beau temps est assuré, car vos premiers tours de roue sur piste doivent impérativement se dérouler sur une piste sèche ! Passons maintenant à la partie qui vous intéresse le plus :

la préparation de la voiture.

Pour vos début sur piste, cette préparation se limite au strict nécessaire pour la sécurité, ceci en totale conformité avec les données du constructeur, et les conditions de circulation routières normale. Votre voiture doit donc être conforme au code de la route, assurée en tant que telle, et avec un contrôle technique valide.

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un tour d’entretien général...

La préparation se limitera à une vérification de tous les éléments de sécurité, active et passive, avec le remplacement des pièces usées, et un tour d’entretien général. Gardez en tête que sur piste votre voiture affrontera des conditions proches de celles d’une route de montagne, avec franchissement de cols et descentes vertigineuses ! Offrez donc à votre moteur une petite révision générale, comme si vous partiez en vacances à la montagne : allumage, carburation etc. Commencez par remplacer tous les fluides de votre voiture : huile moteur, liquide de refroidissement, huile de boîte, huile de pont, liquide de frein, huile de direction assistée, et... huile de coude ! Utilisez des produits de haut de gamme, en particulier pour le liquide de frein qui est soumis à de très fortes températures (dot 5 impératif). Vérifiez aussi l’état de toutes les durites : aucune craquelure, pas de collier baladeur, tout doit être au top ! Et attention aux batteries mal fixées : c’est un coup à tout arracher sous le capot moteur !

Ah oui, dernière chose : pensez à bloquer votre jauge d’huile, et à vérifier le verrouillage des bouchons de radiateur et de cache culbuteur, de façon à ne pas transformer votre compartiment moteur en friteuse, et la piste en patinoire !

Passez ensuite à l’inspection du système de freinage. Là disons tout de suite qu’il faut être absolument intransigeant : c’est le zéro faute, ou rien !

Le maître-cylindre de frein doit être parfait, sans aucune fuite, ni aucune tendance à la " pédale qui part au fond ". Soyez conscient que si votre maître-cylindre vous joue des tours sur route normale, même très rarement (disons une fois tous les 50 freinages), et bien sur piste au bout du deuxième tour il vous lâchera sans crier gare ! Bonjour les dégâts...

Même chose pour toutes les canalisations de frein, souples et métalliques : craquelure, corrosion excessive, canalisation mal fixée, canalisation tordue ou pincée, tout ces indices sont éliminatoires et doivent conduire au remplacement des pièces incriminées.

Allons maintenant du côté des étriers et des disques : pas de piston grippé, pas de disque trop usé ni voilé, pas de plaquette en bout de course ?

Idem pour les tambours : pas de cylindre grippé ou suintant, pas de tambour usé à la corde, ni de mâchoire avec les rivets qui affleurent ? Pensez aussi à régler votre frein à main, ça sert parfois en cas d’urgence... Si c’est tout bon, passons à la suite !

La suite de l’inspection passe par les suspensions, la direction et les roues : pas de jeu excessif dans les rotules, pas de ressort cassé ni d’amortisseur à bout de souffle, pas de direction baladeuse ni de volant desserré ?

C’est OK !

Pensez aussi à vérifier les jeux aux roulements de roue, on néglige souvent ce point-là...

Dernier point crucial : les jantes et les pneus. Ne cédez pas à la tentation de monter des rebus usés jusqu’à la trame, qui " tournent carré " !

N’oubliez pas que la seule chose qui maintient votre voiture collé à la piste, c’est quatre petites surface larges comme la main... Les pneus doivent donc être impeccables, sans trace de choc ni usure irrégulière. N’hésitez pas à monter du neuf de haut de gamme, en indice de vitesse " VR ". Un bon pneu d’occasion peut aussi faire l’affaire, du moment que sa structure est intacte et si son usure est régulière, sans aucune craquelure des flancs.

IMPERATIF : PAS DE SLICKS POUR LES DEBUTANTS !!

Les pneus racing en effet ne doivent jamais être montés sur une voiture strictement d’origine, car ils créent des contraintes très importantes sur les freins, les suspensions, la structure etc.

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Pas de pneus Racing sur une voiture d’origine !

Le danger pour un pilote novice est extrêmement important, car la limite d’adhérence est tellement reculée que ça peut se terminer avec l’auto sur le toit !

D’autre part ces slicks ne transforment tout de même pas votre voiture en TGV... Lorsque la limite d’adhérence est atteinte, le décrochage est extrêmement brutal, de même que la reprise d’adhérence après avoir contrôlé une "figure" involontaire ! Le pilotage avec des slicks risque donc de se transformer en rodéo fatal pour le pilote débutant. En moyenne, un apprentissage assidu d’une bonne année, en pneus de tourisme, est nécessaire avant de s’essayer à ce genre de matériel de compétition...

Du côté de la sécurité passive, il y a des choses triviales à vérifier : la fermeture correcte de tous les ouvrants (portes, fenêtres, capots). Les vibrations sur piste sont très intenses, donc attention aux serrures un peu légères ! Pensez aussi à donner un coup de resserrage à toutes les fixations de pare-choc etc. Ca fait désordre de perdre des morceaux au freinage !

Du côté de l’habitacle, c’est très simple : siège bien fixé, ceinture de sécurité OK, pas de console centrale baladeuse, ni de ferrure de tableau de bord proéminente ? Contrôlez aussi le bon fonctionnement des instruments de bord, en particulier les indicateurs de température du moteur et de la pression d’huile.

Et par pitié, videz toute la voiture avant de vous mettre sur la piste (y compris le coffre) : c’est hyper dangereux de se prendre en pleine poire une carte mal rangée, ou un extincteur mal fixé, juste au moment crucial !

Comme vous pouvez le constater, n’importe quelle auto ancienne bien entretenue peut s’aventurer sur piste telle quelle. Et à l’inverse, il arrive que la voiture la plus fiable de votre flotte soit... votre voiture de piste (croyez-en un certain Pumba) !

Sur le trajet de l’aller :

Bon ça y est, vous voilà en route pour le circuit avec votre bande de copain, à bord de votre auto favorite fin prête. Pensez à prendre une trousse à outils de " première urgence ", puis arrêtez-vous à la dernière station-service avant le circuit, pour regonfler vos pneus, et remettre de l’essence.

Pour une première fois, surtout ne faites pas le plein du réservoir ! Cet excès de poids sur le train arrière risque de créer un balourd , et donner un comportement instable à l’auto.

Pour donner un ordre d’idée, nos Opel en moyenne consomment sur piste environ 5 litres par quart d’heure de fonctionnement. Et pour une première fois, 4 séries d’un quart d’heure sont plus que suffisantes !

Pour les pneus, n’hésitez pas à sur gonfler d’environ 10 à 20%, ce qui semble énorme à priori. Ceci donnera une meilleure tenue au train avant, et limitera l’usure des pneus.

Arrivé sur le circuit :

Une fois sur place sur le circuit, votre inscription faite : Pensez à vider votre coffre, vérifiez bien la fermeture de votre capot moteur, et réglez votre ceinture de sécurité très serrée si elle n’est pas à enrouleur.

Et c’est parti ! Euh.. non, pas encore...

Il serait judicieux d’abord d’étudier le tracé du circuit, et si possible d’y faire un tour en passager, par exemple à bord d’une voiture du RROC. De cette façon on se rend compte concrètement des difficultés du circuit, bien au calme, avant de prendre " le guidon ".

Voilà : c’est à vous !

Bon, ce coup-ci c’est à vous : vous connaissez par cœur les consignes de sécurité et la signification des drapeaux des commissaires de courses, votre casque est bouclé ainsi que votre ceinture, et vos fenêtres sont complètement fermées. Le commissaire de course principal vous donne l’autorisation d’entrer en piste.

D’entrée de jeu, évitez absolument l’erreur classique : essayer de suivre un autre concurrent !

C’est la meilleure façon d’aller " au tas " immédiatement, surtout dès le premier tour ! Au contraire, prenez la piste tranquillement, à votre rythme, sans vous soucier des performances. Il s’agit avant tout de faire connaissance avec le tracé, en surveillant aussi vos rétroviseurs pour ne pas gêner les autres concurrents.

Parcourez de cette façon environ 5-6 tours, pas plus, puis rentrez au paddock (parc des participants). C’est le moment d’échanger vos impressions avec les copains, avant de vous lancer dans une autre série de 5-6 tours, pas plus au début. A chaque nouvelle série essayez d’étudier une section particulière du tracé : il est très difficile au début de voir tous les détails d’un coup d’œil, même pour un Pistard chevronné...

Vous commencez à être chaud :

Au bout de 3 ou 4 séries de reconnaissance, vous connaissez suffisamment le tracé pour faire connaissance avec... votre voiture ! Ceci va vous surprendre, mais ce n’est plus vraiment la même voiture, même si vous la connaissez sur le bout des doigts... Avec le casque sur la tête, on ne voit pas les choses de la même façon ! Le revêtement de piste est différent, comme la pression des pneus etc. Bref il faut se forcer à " retourner à l’école " pendant quelques minutes.

Faites tout d’abord quelques tours à allure moyenne, de façon à chauffer les pneus et les freins (votre moteur est déjà chaud, la boîte et le pont aussi).

Vous commencez à être TRES chaud !

Si le cœur vous en dit, vous pouvez commencer à taquiner gentiment la bête, mais uniquement aux endroits du circuit qui sont dégagés et très lents.

A priori, après quelques gros travers, tête à queue et autres figures de " jardinage " (sortie de piste dans l’herbe), vous vous serez suffisamment amusé sans avoir envie de tenter le diable davantage !

Dans tous les cas, n’essayez JAMAIS de suivre un autre concurrent, et limitez TOUJOURS le nombre de tours à environ une dizaine. Au-delà de cette limite on commence à faire n’importe quoi, et la fatigue physique commence à se faire sentir.

Après avoir fait joujou :

Voilà, vous vous êtes amusé pendant toute l’après-midi ! Pensez à boire abondamment : la température dans l’habitacle, en pleine action et toutes vitres fermées, peut dépasser les 50°C... Laissez votre voiture refroidir, capot ouvert : elle l’a bien mérité ! Une fois refroidie, contrôlez les niveaux, et éventuellement rétablissez une pression normale dans les pneus.

Ne reprenez pas la route du retour sans un sérieux tour de vérification de l’auto, en particulier pour l’état des pneus et des freins : ça chauffe dur !

Option : allez au Mac Do du coin, Pumba y est déjà, en train de dévorer un Mac Bacon ! Ultimes conseils :

 1) n’oubliez jamais que les limites les plus faciles à atteindre sur une piste sont celles du pilote, pas celles de l’auto ! La voiture ne va jamais à la faute toute seule ! Le pilote y va toujours de lui-même, et bien trop tôt !
 2) confiez le volant à un copain cool pour la route du retour, c’est plus reposant et on évite ainsi de se prendre pour Fangio dans les embouteillages...
 3) de retour à la maison prenez quelques notes sur le vif, notamment les conditions météo du jour (température), les réglages de l’auto (pression et type de pneus), le comportement de l’engin sur piste (pas assez de frein ?), et si vous vous en souvenez, le rapport de boîte de vitesse ad hoc à chaque endroit du circuit.

Années après années, ces notes accumulées vous permettront de faire évoluer l’auto, et vous éviteront de tout réapprendre de zéro à chaque visite sur ce circuit.

A très bientôt sur la piste !

Hiro/Pumba.


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