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Il est cinq heures, Paris s’éveille... et la DS a 50 ans !

Première publication : 26 octobre 2005, mise en ligne: mardi 25 octobre 2005, par J-M Chamberlan.

"Il est cinq heures, Paris s’éveille... La place Dauphine a mauvaise mine..."



Parlons-en de la place Dauphine, il est 8 heures 30 en ce dimanche matin d’octobre, la lumière est encore blafarde. Pas encore de soleil pour encenser la ville lumière. Nous roulons, Stéphane et moi sur le périphérique sous la place immortalisée par Dutronc. Il n’y a presque personne autour de nous. Tiens bizarre, les seuls véhicules autour de nous sont des Citroën DS.

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1600 DS à Paris, une vue magique. 1600 DS in Paris, a magic sight.

Nous imaginons avec difficulté qu’un jour de semaine à la même heure, nous serions en train de klaxonner, de démarrer, de changer de bande, d’injurier le conducteur devant nous,... Mais en ce dimanche matin, mon esprit, à peine éveillé, a du mal à se débarrasser de cette chanson. Mais Paris peut-il se résumer à une seule chanson ?

Merveilleuse ID que d’aller voir des DS à Paris !

Plus loin, sur le périf’, comme disent les autochtones, nous sortons à la porte d’Issy. Quai d’Issy. Alors là, SVP, pas de jeu de mot du genre : « Ici ou là-bas ? ». Maître Cappello n’est pas dans le coin et il n’est même pas 9 heures du mat’. Dans cette histoire, il n’est pas question de tomber dans le travers des jeux de mots faciles, n’est-ce pas Bob ? Tels que « quelle merveilleuse ID que d’aller voir des DS à Paris ! ».

DS, DS ? Mais, nous voilà quai de Javel ! Pardon, quai André Citroën ! Quel drôle d’idée d’avoir voulu rebaptiser ce quai. Moi, j’aimais bien ce nom. Rappelez-vous le temps pas si lointain, où par fausse pudeur, il ne fallait pas citer de marque commerciale sur certaine antenne. Les journalistes parlaient du constructeur du quai de Javel, ou de celui de Boulogne-Billancourt mais tout le monde savait de quoi il retournait. « Comme de bien entendu... ».

Bien entendu ! Bien entendu ! Oui c’est ce que j’ai répondu à mon ami Christophe, heureux propriétaire d’une DS, quelques mois auparavant quand il m’a dit s’être inscrit sur le Net pour le défilé des DS à l’occasion du jubilé de ce modèle. Bien entendu, que j’immortaliserai le moment !

Chouketof et la Déesse Australienne.

Chouketof, c’est son surnom, a vécu en Australie pendant cinq ans. Visiblement, ces années ont du le marquer lui ainsi que sa famille. Non seulement, ils n’arrêtent pas de nous parler de leurs folles aventures dans ces contrées lointaines. Mais en plus, ils en sont revenus avec une DS conduite à droite. Dire que certains d’entre-nous pensent que la seule chose intéressante que l’on pourrait ramener de là-bas est une version dédicacée par Bon Scott de Highway to hell, une boucle des cheveux d’un des frères Gibbs, ou que sais-je d’autre...

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Une vraie DS et un vrai Australien ! Vous avez remarqué, le volant est à droite.

L’année passée, Chouketof a entendu parler d’un défilé sur les Champs Elysées à l’occasion du cinquantième anniversaire de la présentation de la DS au salon de l’automobile à Paris, au Grand Palais. Aussi tôt, il s’inscrit. Au départ, seuls les 800 premiers inscrits sont retenus pour défiler. Très vite, il apprend que sa candidature est retenue mais que le nombre d’autos retenues s’élève à 1600 vu le nombre de demandes. Histoire de pimenter l’affaire, en hommage aux origines « down and under » de sa DS, Chouketof décide de parader avec un drapeau australien à Paris. Promesse est faite d’en envoyer la preuve photographique au club Citroën local. Je veux dire au club des antipodes. Bref, me voilà embarqué dans cette aventure.

Sachant que la fin du défilé aura lieu à la tour Eiffel, nous décidons de parquer l’auto près du Trocadéro. C’est à mi-chemin entre le champs de Mars et l’Avenue Foch, lieu de rassemblement du défilé. Maintenant, il s’agit de rallier à pied la Place de l’Etoile et de retrouver Chouketof et son épouse Catherine. « Tu verras, ce sera facile. Nous faisons partie de la vague n° 13 ». Chaque vague de DS étant, en théorie composée de cinquante autos, la partie s’annonçait facile.

La vague 13 !

Nous laissons l’auto dans un Paris étrangement calme, il est vrai que nous sommes dimanche matin. Nous ne croisons que quelques touristes japonais et des parisiens matinaux. Tout en remontant l’avenue Kléber dans un calme impressionnant, je ne pouvais m’empêcher de penser à la dextérité que déploie l’équipe de Automag afin de parquer une centaine de véhicules par numéro au départ du Rallye des Légendes. Une centaine de véhicules, déjà, chapeau, il faut le faire. Mais 1600, alors là ! Bravo les français !

L’Arc de Triomphe est en vue au bout de l’avenue. Un petit coup de GSM pour savoir où se trouvent nos amis. Oui je sais, vague treize ! Mais bon, pourquoi ne pas utiliser les moyens modernes mis à notre disposition.

« Allo ? C’est toi ? Où êtes-vous ? J’arrive place de l’Etoile ». J’entends la voix de Catherine qui me dit qu’ils sont dans un embouteillage aux portes de Paris. Il y a des DS devant, derrière, sur les côtés. Tout juste si elle ne me dit pas qu’il y en a au-dessus et en dessous !

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L’avenue Foch et des DS à perte de vue.

Quelques mètres plus loin, en arrivant avenue Foch, je constate l’ampleur des dégâts. J’ai du mal à imaginer que je ne rêve pas. Le spectacle qui s’offre à moi me cloue sur place. Je ne sais plus trop bien si je suis bien éveillé ou si je cauchemarde. Ais-je subitement réalisé un bon en arrière dans le passé ? L’avenue Foch s’étale devant, trois files de front uniquement composées de DS à perte de vue. Des gens, des curieux, des photographes, des enfants, des cyclistes, un brouhaha terrible mais bon enfant.

Bravo les français ! Mouais, il faut quand même avouer que c’est un peu le bor... Qui pouvait être assez fou pour imaginer que 1600 fous furieux allaient comme des petits moutons suivre aveuglément les instructions des organisateurs ? Les DS sont placées par ordre d’arrivée sur l’avenue par une équipe de motards efficaces. Ceci dit, adieu, les vagues, adieu la vague treize. Il va falloir courir pour retrouver Chouketof et Catherine. Un peu comme une aiguille dans une meule de foin.

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Ici, nous sommes ici dans la vague 13 !

Instinctivement, je commence à prendre quelques clichés, comme pour me rassurer. La dernière fois que j’avais assisté à un tel évènement, c’était à l’occasion des cinquante ans de Facel à Montmort-Lucy. Là, j’avais vu 130 Facel réunies. Le moment m’avait paru solennel. Aujourd’hui, point de solennel. 1600, je dis bien 1600 DS étaient là, devant moi. Alignées les unes derrière les autres, les unes à côté des autres. Des rouges, des vertes, des breaks, des coupés Chapron, des cabriolets. Comme si tout le catalogue se voulait étalé sur cette somptueuse avenue de Paris.

Côté nationalités, des françaises évidement, des hollandaises, des belges, des allemandes, une portugaise, une finlandaise, des danoises, des anglaises, des luxembourgeoises, des suédoises, des espagnoles, des norvégiennes, des italiennes, des suisses, des autrichiennes, des tchèques, une hongroise, des irlandaises,... Un inventaire digne de Prévert. Ha oui ! J’allais oublier. Une australienne, une vraie venue de là-bas tout exprès. Pour comble, son garagiste est celui que fréquentait Chouketof quand il habitait en Australie. Inutile de dire que la rencontre fût chaude et ponctué du traditionnel cri de ralliement australe : Oye, Oye,...

50 ans, 1600 DS et moi et moi et moi ...

Il y avait comme un air de fête. Des gens discutaient entre-eux, riaient. Certains avaient prévu le ravitaillement, c’est ainsi que plus d’une bouteille de champagne trônait sur le toit de la belle auto. J’ai même rencontré Fantômas en personne et un certain Jacques. Tiens, Jacques, j’avais plutôt le souvenir de toi dans une Cx. D’autres étaient là visiblement en spectateurs mais heureux d’être là pour savourer un moment que l’on devine unique. Difficile d’imaginer quelle autre marque pourrait réunir autant d’exemplaires d’un modèle mythique. La DS n’est-elle pas la voiture du siècle pour les français ?

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Un certain Jacques faisait aussi partie du défilé !

1600 DS ! Toutes là ? Non, un appel de Chouketof me rappelle à la réalité. Mes amis me signalent qu’ils arrivent seulement en vue de la porte Dauphine. Hé, les DS qui arrivent par la porte Dauphine. Dauphine, DS,... (Oui, c’est vrai on avait dit pas de jeux de mots lamentables). L’organisation décide de fermer complètement l’avenue Foch afin de permettre à deux nouvelles files de se former. Ce seront finalement cinq files de front remplies de DS qui garniront cette artère de Paris.

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Un couple d’amoureux avec un drapeau Australien, vous l’aurez compris, ce sont Catherine et Christophe !

Mes amis arrivent enfin sur l’avenue, drapeau australien en tête, ils ne passent pas inaperçus. Clic clac ! Un petit cliché pour le pari. Qu’est-ce que j’aimerais voir la tête des australiens chez eux ! Entre parenthèses, nos amis ont affublé leurs joues d’un petit drapeau belge, quelle dégaine. Comme, nous ne connaissons pas le résultat du match Belgique-Espagne, nous pouvons toujours imaginer qu’à ce moment, les trois buts n’ont été qu’une formalité pour les Diables Rouges, non ? Quoi, je n’ai pas raison PYH ? Faut savoir rêver de temps en temps.

Christophe me propose d’embarquer dans la DS afin de vivre le défilé de l’intérieur. L’idée est tentante mais m’enlèverait toute possibilité de photographier mes amis sur le parcours. Stéphane, lui, profite du lift.

Bienvenue à bord !

Le hasard, faisant bien les choses, me permet de rencontrer une joyeuse troupe de hollandais. La discussion tourne autour des autos, de mes amis avec leur drapeau australien,... Je repère une DS transformée en pick-up qui se taille un petit succès de foule. Il faut dire que l’arrière est garni à la manière de ces superbes voiliers en bois. Son propriétaire me propose de monter à bord afin de réaliser quelques clichés. Finalement, c’est à bord de ce véhicule que j’effectuerai une bonne partie du défilé. Place de choix, faut-il le souligner. Merci à ces sympathiques hollandais qui se reconnaîtront.

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La DS transformée en pick-up qui se taille un petit succès de foule.

Le cortège s’ébranle, après de longues minutes d’attente, c’est à notre tour de démarrer. Je ne vous dit pas le sport à l’arrière du pick-up. Se tenir d’une main, l’appareil photo dans l’autre. Mine de rien ça tangue pas mal, même à vitesse réduite. Je dirais même plus, ça balance pas mal à Paris. Et puis, il y a l’émotion, les jambes qui tremblent, les yeux qui se remplissent de larmes (le vent bien sûr), la peur de rater les photos, les spectateurs qui applaudissent. De cinq files de front au départ, le cortège ne forme plus que deux au passage devant l’Arc de Triomphe. Les DS se frayent un chemin à travers la foule. On se croirait au tour de France dans l’ascension du Galibier.

Le plan vigie-pirate nous prive de la descente des Champs Elysées. Nous nous engouffrons dans l’avenue Marceau, direction le pont Alexandre. Nous laissons le Grand-Palais à notre gauche encore en restauration. Dire que c’est à cet endroit que la DS y fût présenté cinquante ans auparavant pour la première fois. Tout au long du parcours, des centaines de spectateurs sont venus admirer ce long cortège de DS.

Défiler dans Paris debout ainsi à ciel ouvert, m’a donné, je l’avoue, quelques instants l’impression d’être dans la peau d’un certain général. Je me demande même si je n’ai pas entendu quelques notes de la marseillaise. Si, si, je vous assure... Le souvenir d’une DS belge immatriculée OAS-... me fait redescendre sur terre. Allez quoi, cela a quand même plus de classe que de descendre l’avenue Béliard en cuistax en écoutant ça plane pour moi de Plastic Bertrand.

Les joies de l’embouteillage.

Après le franchissement du pont Alexandre, notre cavalcade se transforme en un monstrueux embouteillage uniquement composé de DS. Pensez, 1600 DS qui se dirigent toutes en même temps vers le même endroit. Initialement, les organisateurs voulaient permettre à chaque DS de poser quelques minutes devant la tour Eiffel afin d’immortaliser l’instant. Totale, vu l’indiscipline de certain, la nonchalance d’autres, vu la foule de curieux ajoutée aux incontournables touristes, une totoie de tous les diables. A mon avis, Fantômas est dans le coup.

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Fantomas s’est glissé dans la foule ...

Je décide de quitter mes hôtes hollandais au coin du boulevard Rapp et du pont de l’Alma histoire de réaliser encore quelques clichés de nos belgo australiens préférés. Là, je me trouve à moins d’un kilomètre de la tour Eiffel. Ils passent devant moi. Mais, plus loin, ils n’auront pas la possibilité de se diriger vers le petit square, où il est possible de réaliser la super photo souvenir avec la tour en arrière plan. Ils sont déviés par les Invalides et font partie d’une longue, énorme file de DS créant un gigantesque bouchon dans un Paris ensoleillé.

Au pas de course (hé oui ! un petit jogging n’a jamais fait de tort à personne), je tente de les retrouver. Après deux bons kilomètres, je rattrape la Citroën de mes amis, je récupère mon beau-frère qui les accompagnait. Nous décidons de laisser nos amis aux joies de l’embouteillage. Hop ! Une petite terrasse parisienne, histoire de se désaltérer et de se remettre de nos émotions.

Finalement, en dernière minute, Chouketof m’appelle pour me dire qu’avec un peu de chance, il pourrait malgré tout atteindre le fameux square en empruntant un « binnewegske » dont seuls les belges ont le secret.

Rebelote, jogging pour retrouver Chouketof, pas évident avec deux blanches dans le coco (deux petits demi-litres, je ne vous dit pas le prix). A mon avis, nos Diables avaient dû commettre la même erreur la veille. Tout est bien qui finit bien, après une dernière course, je retrouve mes amis. Leur DS est parquée juste derrière un superbe cabriolet Chapron rouge. Un joli chaperon rouge quoi. Heureusement, il n’y a pas de méchant loup.

Je vide mes dernières cartouches numériques. Je ne résiste pas à la tentation de demander à une ravissante touriste japonaise de bien vouloir poser devant une DS jaune. Devinez pourquoi ? (Réponses sur le forum ci-dessous SVP).

Allez, un tout grand merci à tous ceux que j’ai rencontré ce jour là. Un grand merci tout particulier aux amis hollandais qui m’ont accueilli dans leur pick-up. Merci également aux membres du club Citroën de Metz pour leur bonne humeur contagieuse. Merci aux membres de la sécurité pour la patience dont ils ont fait preuve. Pardon aux parisiens qui ont subi le plus méga-giga embouteillage de l’histoire ce dimanche là. Quoique.

A dans cinquante ans pour le centenaire. Chiche !

Jean-Marie CHAMBERLAN.

50 ans Citroën DS, Paris 6-9 octobre 2005.


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