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LES ROUTES ARDENNAISES, sur OPEL Commodore GSE.

Première publication : 17 décembre 2005, mise en ligne: samedi 17 décembre 2005, par Daniel PIGEOLET

Dans le baquet de droite ...



A peine le temps de ranger tout le "brol" de la Ronde de Ciney que je suis déjà de retour sur les routes ardennaises, au départ de St Hubert. Pour cette 10è manche du championnat, je change encore de pilote et ici, c’est une primeur, je vais côtoyer le truculent François Dombret. Pour qui connaît big moustache, le voyage promet d’être riche en couleurs.

François passe me prendre à Ciney et, chemin faisant, j’ai mieux l’occasion de faire connaissance et avec François, quoique nous nous connaissions depuis belle lurette, et avec l’Opel Commodore GSE. La voiture en impose tant par son gabarit, sa puissance et son silence de fonctionnement. Pour peu, comparée à l’Alpine, j’ai l’impression de rouler dans une Rolls.

St Hubert nous accueille sous le soleil, mais aussi sous un froid à ne pas mettre un canard dehors. Tant qu’il fait sec...

Avec seulement 19 voitures au départ, les organisateurs sont à juste titre déçus et nous aussi. Pourtant, l’organisation a très bonne réputation, le rallye est toujours bien rythmé et le parcours fort agréable. Nous rejoignons encore la problématique de la désaffection des rallyes de régularité en Belgique, déjà soulevée ici même il y a quelques semaines. Alors, trop de rallyes, trop cher, trop difficile, réglementation trop restrictive ? Le débat doit être engagé assez rapidement, faute de mort lente, comme nous l’avons déjà connue début des années 70.

Bon, retour à St Hubert où si la quantité n’y est pas, la qualité oui. A l’exception de Robert Vandevorst, retenu en Bosnie, tous les habitués et gros bras sont là. Il va y avoir du sport, surtout qu’une seule catégorie est au programme : classic. Les places vont être chères.

En partant à 13h30, nous savons que la fin du rallye se fera de nuit, ce dont me met en garde François, qui "oublie" volontiers un ou plusieurs contrôles de passage (CP) à chaque rallye. Aie, aie aie. Bon, faudra ouvrir les yeux.

En route !

1ère étape St Hubert-Habay, 166 km en fléché métré pour la liaison du départ, ensuite fléché non métré droit et carte au 1/50000è pour les 2 premiers RT (régularity tests). Les moyennes étant de 49,90 km/h, et connaissant les organisateurs, cela promet d’être chaud assez rapidement.

Direction CH2 (contrôle horaire) Poix. A peine sortis de St Hubert, une route dégradée nous cause une première frayeur : une pierre s’est coincée entre le disque et une plaquette. Cela chahute fort, au point de nous arrêter pour éviter toute casse. Fort judicieusement, François fera une marche arrière virile et adieu la pierre. Pas de dégâts. Ouf.

Vilance, CH3, fléché non métré, RAS. La mise en jambes se fait naturellement, nous avons le temps de nous comprendre et de mettre les automatismes en route. Fort modestement, François Dombret me dit être plutôt un chauffeur qu’un pilote. Il me prouvera le contraire plus tard.

Place aux choses sérieuses avec les RT 1 et 2 à la carte. A première vue, il n’y a pas de pièges, nous traversons peu d’agglomérations. Jehonville et Offagne seront atteints sans difficultés, les 2 RT se sont bien passés. Seulement, je peste contre moi-même, j’ai oublié ma table de moyenne de 49,90 km/h. Qu’à cela ne tienne, nous roulerons à 49,99, en rectifiant le tir. Résultat excellent : deux fois 2" de retard. Nous avons bien pris la peine de régler notre rétro-trip, qui fonctionne à la perfection. C’est la première fois depuis bien longtemps.

Nous continuerons notre petit bonhomme de chemin en fléché droit non métré et par un fléché métré dégressif qui sera piégeux pour les moins attentifs. Nous ferons juste 100 mètres de marche arrière, afin de vérifier qu’une route n’était pas cachée entre 2 maisons. Après, St Eloi, Cugnon, Fontenoille, Chassepierre, Prouvy, Le Menil et Habay, CH 12 et 1er arrêt. Nous avons l’impression que nous nous sommes promenés tout l’après-midi, tant le parcours est facile. François parle même de balade.

Très peu de concurrents sont pénalisés sur le routier et seuls les 3 RT font la différence. Jugez par vous-même.

 1er Dombret-Pigeolet Opel Commodore 11,20 pts
 2è Munda-Gully VW Cox 11,21 pts
 3è Albert-Albert MGB 11,50 pts

Nous nous tenons dans un mouchoir de poche, 1/100è de seconde entre les deux 1ers.

Le brame du cerf !

Pour la 2è étape (140 km), retour à St Hubert par Rulles, Mellier, Léglise, en carte, Juseret, Fagne Wéry, Ste Marie, Renaumont, Tillet, Sprimont, Laneuville, Nassogne et St Hubert. Encore 3 RT, tous en fléché. Le parcours est un peu plus rythmé, avec quelques passages sur terre, mais rien de bien méchant.

RT 4, la prise de temps se fait justement dans un tronçon empierré et dans du sinueux, nous sommes 5" en retard. La maniabilité du paquebot n’est pas exceptionnelle, vu la masse. Je comprends mieux l’exploit réalisé par Fred Béco et Nicolas Gilsoul, qui ont terminé 3è au général du Monte Carlo Historique, avec cette Commodore. Le routier est toujours aussi peu pénalisant, mais plus amusant.

RT 5, par deux fois, nous prenons la N4 ??? Là non plus, aucune difficulté : 2" de retard. C’est bon.

Le soleil commence à se coucher et nous gêne considérablement. Il faut vraiment faire très attention pour ne pas louper un CP. Le soleil bas et le contraste dans les sous-bois, sont autant de pièges inattendus.

Aux environs de Sprimont, le parcours entre 2 CH sera neutralisé pour cause de brame du chef. Oh pardon, du cerf. Ces derniers 50 kilomètres traversaient les bois des environs de St Hubert et promettaient bien du plaisir. Malheureusement, la nature a ses droits. D’autant plus, que je n’ai jamais vu autant de voyeurs dans les bois. Des centaines de personnes, des voitures dans tous les coins et recoins de la forêt, pour écouter le rut.

Heureusement l’ RT 6, entre Nassogne et le Fourneau St Michel, disputé entièrement de nuit allait nous donner un peu de sensations. Entièrement dans les bois, la visibilité est totale avec les puissants longues portées, la route est assez dégradée, sinueuse et surtout étroite. C’est ici que nous verrons la maestria de l’ami François, qui fera virevolter la Commodore par-dessus les trous. Pas à dire, il la connaît bien son auto, mais ce n’était pas suffisant. Ce tronçon en RT ne comportant que très peu de signes de navigation, tout devait se jouer "à vue". Ayant annoncé un T gauche sur grand route depuis pas mal de kilomètres, dans une montée boisée, nous nous trouvons face à un T. Zut un emplacement de parking pour les promeneurs. Un instant d’hésitation, le temps d’une marche arrière, n’oubliez pas, il fait noir, repartir à droite et rezut, nous sommes chronométrés. Mauvais çà coco : 9" de retard.

L’après rallye...

Le retour vers St Hubert se fera par la route principale. Il est près de 21h15, et c’est avec grand plaisir que je serre la main à François, nonobstant le classement encore inconnu, pour cette première et bonne collaboration.

Place maintenant à l’après rallye, où les commentaires en savoureux Liègeois, entre François Dombret et Roger Munda, me feront plus d’une fois rire aux larmes.

Les résultats sont affichés vers 22h30 et Antoine Van Reet sur MGA, venant nous féliciter, nous comprenons que la 1ère place nous est acquise, mais d’un souffle.

Première collaboration et victoire. C’est un François Dombret hilare et heureux comme un jeune puceaux qui vient de perdre...à son âge, je ne sais quoi, qui raconte à qui veut l’entendre que c’est son premier rallye avec un co-pilote.

Classement

 1. Dombret-Pigeolet Opel Commodore 32,00 points
 2. Van Reet-Vanoverschlede MGA 32,42
 3. Albert-Albert MGB 58,65
 4. Munda-Gully VW Cox 107,31
 5. Delincé-Ninane Cortina GT 272,80

Vous voyez, nous avons failli tout perdre dans le dernier RT, pour une simple hésitation, au plus mauvais moment.

Voilà un rallye qui se termine on ne peut mieux et qui, comme vous l’avez sans doute constaté, ne vous a pas apporté un lot de petits gags ou faits de course vus de l’intérieur et du baquet de droite. Je vous l’ai déjà écrit, rallye sans histoire.

Remarque importante et félicitations à B. Vanoverschelde, Y. Albert et E. Gully, trois qui poussent sérieusement "au cul" des vieux briscards.

Petit commentaire à l’adresse de tout un chacun et surtout des organisateurs. L’Opel Commodore victorieuse étant de 1973, il me semble que le cœfficient correcteur doit être de 1,21 et non 1,30 comme appliqué. 1/60x73 = 1,21. Comme la Cox de l’ami Munda, également de 1973. Donc, nos pénalités sont de 30,20 points. Morale : il faut toujours tout vérifier, même si c’est deux jours plus tard.

Une dernière chose, pas de photos. J’avais oublié mon appareil photos. Désolé.

Daniel Pigeolet


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