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LE 7è RALLYE ST NICOLAS.

Première publication : 11 janvier 2006, mise en ligne: mardi 10 janvier 2006, par Daniel PIGEOLET

Dans le baquet de droite ...

Saint Nicolas Rally 2005.



Non, non et non, il n’ y aura pas de boulettes cette année. Du moins pas tout de suite. Pour ceux qui ne comprennent pas, allez lire l’article du Saint Nicolas 2004 dans la rubrique rétro. Eric Mossoux et moi-même, avons une revanche à prendre sur le sort qui nous accable toujours au St Nicolas.

Chaque année, c’est toujours avec un peu d’appréhension que nous rejoignons le seul rallye organisé par Robert Rorive et son équipe. A quelle sauce allions nous être mangés ? Le menu était pourtant déjà bien annoncé : 2 catégories, "Classic" et "Expert", 260 km, de la carte au 1/50000è, du fléché non métré et non orienté et surtout un départ à 15h21 pour le numéro 1 qui nous a été attribué. Nous roulerons donc 85 % du temps de nuit.

Samedi 10/12, 14h00, arrivée au Relais St Christophe à Longlier/Neufchâteau. Après les formalités administratives, nous sommes bloqués au contrôle technique pour panne de feux de recul et anti-crash. Pas moyen de débloquer les vis, l’énervement gagne déjà, car il faut encore vérifier l’étalonnement de notre trip et le briefing est annoncé pour 15h00. A la lecture des informations reçues sur papier, nous allons commencer fort. Les réjouissances comprennent 14 contrôles horaires (CH) et 11 tests de régularité (RT). Les contrôles de passage (CP) sont assez nombreux et certains panneaux sont munis d’un cachet à apposer sur notre feuille de route. Heureusement qu’il fait sec.

Départ à l’ancienne !

15h21, nous sommes au départ. Départ qui est donné à l’ancienne, càd à l’intérieur du bâtiment. Vous recevez votre feuille de route, votre road book... et à vous de courir prendre place dans la BMW 2002, tout en perdant le moins de temps possible. C’est également le départ des RT 1, 2 et 3, consécutifs, à parcourir entre le km 0 et 19,700 à 49,99 km/h, entre le km 19,700 et 22 ;900 à 40,00 km/h et entre 22,900 et l’arrivée à 49,99 km/h. Le tout en fléché non métré droit. Vous voyez, il faut être dans le bain immédiatement et bien organisé pour enclencher tous les appareils de mesure. J’annonce de suite à Eric un "quitter gauche" à 1240 mètres sur la grand route, le temps que je visionne un peu mes documents. Damned, déjà, je lève les yeux sur le trip... nous sommes trop loin. Eric, à court de compétition, est un peu nerveux et distrait. Vite, vite demi tour. Heureusement la première prise temps est prévue après 15 km, nous aurons le temps de nous "refaire".

L’arrivée de l’ RT 1 est visible. Le fieffé Robert a bien entendu prévu un piège juste avant, le contournement d’un petit bois. A la sortie du premier détour, le "carrefour à droite" est pris à... gauche par Eric. Ah celui là, avec sa gauche et sa droite. Le temps de faire demi tour, entrer dans le petit chemin de terre, en sortir et pointer chez le contrôleur, 33 secondes se sont envolées. Ca part mal. Il faut absolument se ressaisir et bien se concentrer. Les RT 2 et 3 se déroulent bien et rien à signaler. Au retour à Longlier, après avoir parcouru les routes situées au nord, arrêt de 20’, les commentaires fusent, en bien. Toutefois, à la vue des temps idéaux de passage aux RT 2/3, nous sommes en avance de 13 et 11 secondes (le trip n’a pu être réglé tip/top). L’avance pénalisant à double, le classement de la 1ère section ne nous est pas favorable :

 1er Willy Lux - Eddy Gully : Lancia 1600 HF 32,40 points
 2è Serge Adriaens - Yves Noelanders Volvo PV 544 32,40 points
 3è Jacques Lhermitte - Thierry de Rochelée Volvo Amazon 32,50 points
 4è Antoine Van Reet - Bjorn Vanoverschelde MGA 44,47 points
 5è Eric Mossoux - Daniel Pigeolet BMW 2002 88,15 points

Les positions sont très serrées entre les trois premiers, puis le trou. Si le rallye continue sur ce rythme, nous aurons difficile de revenir. Mais connaissant Robert, ce début n’est qu’un petit hors d’œuvre. La nuit venant, les difficultés vont augmenter plus que sérieusement.

Bon, fini les blablas, il est temps (16h31) de partir pour la 2è section Longlier-Tintigny, via Ebly, Narcimont, Léglise et Mellier. Rebelote, nous repartons de l’intérieur et directement pour les RT 4, 5 et 6. Moyenne 49,99 km/h. Au programme, début en carte, du fléché non métré droit, une carte muette pour la traversée de Marbehan et de Rulles, pour terminer par le traditionnel fléché non métré droit. Il en ira ainsi pour tout le reste du rallye.

Il n’y a pas trop de difficultés, mais la nuit tombe très vite, la visibilité entre chien et loup est surprenante et le gel se manifeste. En entrée de village, dans un gauche étroit et très serré, la BMW manifeste la folle envie de faire passer l’arrière à l’avant. Désir, bien entendu, interdit de main de maître par Eric, qui a retrouvé les sensations. La longueur des 3 RT consécutifs est longue : 40 km. Pas moyen de souffler, avant le CH 3 de Mellier ou nous enchaînons directement avec l’ RT 7 : toujours 49,99 km/h. La fin de ce tronçon est en terre, fort boueuse malgré le gel. Tous les concurrents y prendront des pénalités assez conséquentes. Bilan à Tintigny (CH 4). : RT 4 : 1" - RT 5 : 14" - RT 6 : 7" - RT 7 : 47" Partout en retard. Il fallait compenser le mauvais réglage du trip. J’ai été un peu trop généreux sur la fin du secteur. Mais le plus grave est notre "excès" de vitesse. Les stewards de la Fédération, postés avec leur speed gun en sortie du village de Mellier, nous flashent à 62 km/h. 2 de trop et 100 points de pénalité supplémentaires. Malgré ce contretemps, nous remontons à la 3è place.

 1er Adriaens-Noelanders Volvo PV 544 106,95
 2è Lux-Gully Lancia 1600 HF 155,60
 3è Mossoux-Pigeolet BMW 2002 272,10
 4è Toubeau-Daxhelet MGB GT 315,55
 5è Lhermitte-de Rochelée Volvo Amazon 398,67

Les écarts se creusent, mais nous sommes à peine à la moitié du rallye et il fait nuit noire. Tout peut encore être réécrit.

Le canari dans le moteur ...

La 3è section nous balade de Tintigny à Bouillon, via Saint Vincent, Jamoigne, Izel, Florenville (CH 5), Lacuisine, Laiche, Chassepierre, Muno (CH 6), Bouillon (CH 7).

Il est 18h20 et la formule ne change pas : départ du café en carte et RT 8 avec changement de moyenne (40, puis 49,99 km/h). La carte me convenant très bien, nous sommes seulement 2" en retard à la prise de temps. Très bon. Mais trop relax, sans doute, au raccord des deux cartes, je me fais prendre comme un bleu. Si la carte est coupée, il y a forcément un piège dans lequel je plonge à deux pieds. Pourtant, Eric met à ma disposition une nouvelle loupe de lecture de carte ; enfin un outil qui grossit et éclaire bien (MERCI A TOI ERIC). Heureusement, la traversée de ce bois nous amène à une ligne de chemin de fer... que je ne suis pas sensé rencontrer ? Avec à peine un détour de 2 km, nous sommes vite remis dans le droit chemin.

Mais, un autre souci se manifeste, dans le compartiment moteur, un bruit de canari se manifeste de temps en temps. A Florenville (CH 5), départ pour l’ RT 9, le canari insiste. Il n’y plus de doutes : courroie d’alternateur. Elle chante presque aussi bien qu’un canari d’exposition. Nous roulons à notre main, ne pas donner d’à coup, ne pas emballer le moteur. Cette partie de tracé comporte quelques chemins de bonne terre, donc prudence. Un peu trop, car pénalité de 28" (3è temps quand même).

Au CH 6 de Muno, impossible de réparer, pas le temps. Il va falloir doser pour rejoindre Bouillon/Sensenruth (carte) en empruntant, fort heureusement, la Nationale venant de Florenville. Arrivés enfin à Sensenruth (CH 7) où un arrêt de 30’ est prévu, Eric a le temps de jeter un œil sous le capot moteur. Il faut retendre la courroie, l’alternateur a légèrement pivoté... et catastrophe, le silentbloc de soutien est cassé. La visserie sera bloquée à fond et prière pour que cela tienne.

Le classement après cette 3è section donne ceci :

 1er Mossoux-Pigeolet BMW 2002 308,60 points
 2è Lux-Gully Lancia 1600 HF 332,00
 3è Toubeau-Daxhelet MGB GT 342,35
 4è Adriaens-Noelanders Volvo PV 544 497,55
 5è Lhermitte-de Rochelée Volvo Amazon 625,08

Et bien dit donc, quelle remontée, malgré les petits soucis mécaniques. Il n’y a plus que 2 équipages avec 0 point de pénalité sur le routier : le 1er et le 3è. Cela prouve que la nuit multiplie fortement les difficultés naturelles, ainsi que celles inventées par l’organisateur. Mais, je vous raconte nos aventures comme si nous recevions les informations en direct. La publication des classements se fait bien entendu avec une étape de retard. Je m’explique. Le premier affichage eut lieu à Bouillon pour la section 1 et c’est seulement à cet endroit que nous aurons connaissance de notre "excès de vitesse" à Mellier (section 2). Cette parenthèse pour vous dire que nous savons seulement que nous sommes 5è et que la pénalité de 100 points pour le radar va nous faire reculer loin au classement. La déception est visible sur nos visages. Autant rentrer directement. Mais non, le rallye n’est pas fini, il reste 90 kilomètres, tout peut encore basculer, d’autant plus que nos sections 2 et 3 se sont bien passées.

20h10, après deux bons sandwiches et un grand café (merci Eddy Gully), c’est le départ pour le dernier coup de collier. Attachez votre ceinture, c’est parti. Section 4, fléché : Bouillon-Neufchâteau : Auby (CH8), Cugnon (CH 9), Herbeumont, Straimont (CH 10). Section 5, carte : Straimont, Warmifontaine, Grapfontaine, Montplainchamps (CH 11), Assenois, Cousteumont (CH 12), Bernimont, Hamipré (CH 13) et enfin Neufchâteau (CH 14).

Bouillon-Auby-Cugnon : rien à signaler. La route est belle, un peu de chemin empierré en excellent état, mais attention au verglas, le sol est blanc de givre. Il faut être également très attentif. Nous roulons souvent sur des routes principales et dans le noir, il est très difficile de déterminer la nature du revêtement des routes adjacentes. Nous sommes les premiers à partir, c’est nous qui faisons la trace pour les autres ? Je ne vous dis pas le nombre de marche arrière qu’Eric a dû faire. "Stop, là, il y a une route. Je n’ai pas eu le temps de voir le sol. Marche arrière, mets les phares. Zut, c’est de la terre. Allez on repart". Et ainsi de suite, pendant des kilomètres. Nous avons le sentiment de bien rouler quand même.

CH 9, Cugnon, départ des deux derniers RT 10 et 11 (49,99 km/h). Sans le savoir, c’est ici que nous allons perdre le rallye. Je vous rappelle que sommes en fléché droit non métré, sur une route importante, il fait noir. Nous cherchons une route asphalte, à droite, à prendre. Nous venons de rouler quelques kilomètres sur cette route. Rien en vue. Cela devient inquiétant et stressant, car s’il faut faire demi-tour, nous sommes en double RT, alors bonjour le retard. Ha, enfin une bonne route à droite. Nous y entrons et... 200 mètres plus loin, un champ très boueux nous ouvre les bras. Cata. Demi tour et sur la route principale, arrive l’équipage Toubeau-Daxhelet. Si eux sont là, nous devons être juste. Effectivement, 500 mètres plus loin, la route tant attendue. Nous nous y engouffrons... pour "tomber" sur la prise de temps (RT 10) au détour d’un carrefour gauche sur terre. Un panneau de contrôle à droite nous fait hésiter. Je signale aux valeureux contrôleurs (merci Madame de vous geler les pieds pour notre plaisir) que je ne pointe pas. Encore demi-tour. Entrée dans le chemin, encore demi-tour (nous ne les comptons plus depuis longtemps). Je note le CP, ainsi que le deuxième placé judicieusement 50 mètres plus loin, dans un décomposé autour d’un poteau électrique. De quoi faire douter. Autre chose m’interpelle : les signes que j’ai devant les yeux ne correspondent pas à la situation visuelle et pourtant l’arrivée de l’ RT 10 est bien là, et nous sommes bien en retard d’après mon chrono. Tant pis, allons y. Au topo suivant, un carrefour, mais quel carrefour, à gauche, à droite, tout droit ??? Il faut absolument connaître la nature du sol. A gauche asphalte, tout droit et à droite : terre. Je prends l’option à gauche. Le prochain changement de direction est un T à droite sur grand route, avec triangle. Quelques centaines de mètres plus loin, nous sommes rassurés, c’est bon. Mais, nous avons coupés au court quelque part, car j’ai des topos en trop. Pourvu qu’il n’y ait pas de CP. Entre temps l’ MGB GT a disparu. Pendant toutes ces tergiversations, le chrono continue de tourner. De plus, nos hésitations nous retardent pour l’arrivée de l’ RT 11 et le CH 10. La sanction est sévère : 7" de retard à RT 10, 92" à RT 11 et 1’ au CH 10 de Straimont. Cette fois, les carottes sont cuites et c’est ici que le rallye s’est joué.

La section 5 sera une pure formalité, une carte facile nous ramène à Neufchâteau où nous sommes quand même les premiers à rentrer (21h58). Il faudra attendre pas mal de temps avant de voir arriver les autres concurrents. L’affichage du classement (que je vous ai déjà donné plus haut) jusque Bouillon nous donne du regret, nous sommes premiers. Bah, attendons la suite, mais l’espoir est faible. Le principal est de s’être bien amusés, d’être rentrés sans casse, avec la courroie d’alternateur qui a tenu le coup. Au fur et à mesure que nos amis arrivent, les commentaires de l’un et de l’autre, nous redonnent de l’espoir. Tout le monde a fauté et beaucoup au même endroit.

L’apéritif dure longtemps, car le repas tarde : OUI, OUI !? DES BOULETTES TOMATES. Vous voyez, cela me poursuit.

Il est 01h00 du matin quand enfin, le classement final définitif est publié. Nous revenons de loin : 2ès au classement général et 1ers de classe. Nous recevons 100 points de pénalité pour "excès de vitesse et 300 pour un CP manqué. Satisfaction, nous sommes les seuls à ne prendre qu’une minute de pénalité sur le routier. Enfin, nous réussissons le St Nicolas, bien que comme à l’accoutumée, il y a toujours un passage que je ne comprends pas.

Nous apprendrons avec regret que Marc Thys a mis sa belle Porsche jaune dans les arbres. Un passage verglacé, parcouru uniquement par les Experts, a fait des dégâts. Ouvrant la route, le pilote n’a rien pu faire pour contrôler son véhicule, qui a glissé sur une grande plaque de glace. Plusieurs voitures y seront en perdition et fort heureusement, personne ne fut blessé. Courage Marc et Freddy, la roue tournera bientôt dans le bon sens.

Voilà, fini pour cette année. Il est temps de remiser nos oldtimers, de leur faire une petite cure de jouvence et de préparer déjà 2006, dont le championnat comptera 11 manches. Avec qui vais-je rouler ? Mystère, je n’en sais encore rien moi-même, bien que quelques pistes soient ouvertes. Mais laquelle vais-je prendre ?

Au plaisir de vous revoir et avec un peu d’avance, permettez-moi de vous présentera à tous et à toutes, mes meilleurs vœux pour l’an nouveau.

Daniel Pigeolet.


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