AutoRetroMotoEventsClubForum
Automag






GEDINNE EN VITESSE.

Première publication : 12 avril 2006, mise en ligne: samedi 8 avril 2006, par Jean VAN DER REST

A la limite de nos deux provinces de Luxembourg et de Namur : GEDINNE.

Dès 1948, avec une pause en 53, cette commune à cheval sur la N.95 Dinant - Bouillon, possédait un des 4 circuits de vitesse pure de notre pays avec Mettet, Francorchamps et Chimay. Jusqu’en 56, la distance à parcourir était de 7 km 800. Boucle à couvrir 6 fois pour les juniors, 10 fois pour les sidecaristes, 12 fois pour les inters 350 cc. et 15 fois pour les inters 500. Entraînements le samedi avec mises au point en 3 tours pour chaque discipline, et courses le dimanche.

JPEG - 57.8 ko
CHARLIER sur FN chasse ... et que le meilleur gagne !

A l’occasion de l’annonce annuelle de l’épreuve internationale qui s’y déroulait chaque année, nous relevons dans les commentaires de la presse de l’époque la description suivante : "Gedinne, dans son cadre de verdure et de forêts, vous attend le 18 juillet. Ce circuit est, à notre avis, un des plus beaux au point de vue du pilotage. Ses virages, les dénivellations très fortes qu’il comporte obligent les pilotes à déployer toute leur maîtrise, et ceci nous vaut des spectacles passionnants. Gedinne est un circuit qu’il faut connaître pour avoir une idée d’ensemble des circuits belges, car il est unique en son genre."

Et cet autre, "Nous connaissons plus d’un sportif qui se réjouit, en pensant qu’il pourra assister à des épreuves de vitesse pour motos sur le circuit de Gedinne. La raison en est que ce circuit est situé dans un cadre idéal, et que sa configuration permet aux coureurs de faire d’éclatantes démonstrations de leurs qualités de pilotage. Dénivellations sérieuses, virages difficiles à négocier et requérant un maximum d’audace, voilà Gedinne au milieu de ses forêts, à deux pas de la frontière française. Le circuit et son cadre rassemblent des trésors de beautés pour le véritable amateur de sport, et, à chacune de ses éditions, il permet d’admirer des duels qui, à eux seuls, valent le déplacement."

Ajoutons-y qu’aujourd’hui, le cadre n’a pour ainsi dire pas changé. Le circuit, un peu. Par sécurité d’abord, car ses avantages sont au fil des ans devenus des inconvénients. Les machines des années 80 jusqu’à nos jours, n’ont plus rien de comment avec celles de 1948. Celles d’avant 60 avaient déjà donné le ton, d’où l’interruption de 1956 à 79. Après des années de recherches d’une nouvelle homologation, la solution est apparue toute simple. Il aura principalement suffit d’inverser le sens de la course pour la sécurité et de ramener sa longueur à 5500 m. en modifiant une partie du tracé pour la tranquillité de certains habitants de cette commune ardennaise. C’est ainsi que depuis plus de 20 ans, le circuit de Gedinne a renoué avec le succès chaque été (cette année, les 24 et 25 juillet ). Jean Paul Schmit, fils d’Antoine, est allé au Mans ces 10 et 11 avril dernier, pour rencontrer et faire signer de grands noms. Mais revenons à ce passé qui a fait du circuit ce qu’il est devenu.

JPEG - 65.9 ko
BMW se prépare.

Si ce n’est pour la nostalgie, quelques grands noms de l’immédiat après-guerre n’ont plus de valeur que pour le souvenir : Texidor, Auguste Goffin, Tacheny, Vanderschrick (side), Fergus Anderson. Aux anecdotes, leurs saveurs !

BIZARRE !

Antoine Schmit se souvient des 4 pose-pieds qui équipaient les motos de Fergus, ce magnifique coureur écossais qui avait adopté notre pays comme sa seconde patrie, et que le public appréciait pour sa sportivité et ses résultats. Quatre pose-pieds ! Oui, les deux du bas, comme chacun, pour pendant les allures sur routes sinueuses, et une autre paire, chacun monté de chaque côté du garde-boue arrière pour lui permettre de s’allonger, tout en serrant l’engin aux genoux, dès l’entrée des lignes droites. Souvenons-nous que c’était aussi l’époque des départs, moteurs arrêtés, sans chauffe préalable sur les pistes. Les soucis des pilotes sur leurs positions de départ, allaient vers la fixation du casque, l’aération intérieure des lunettes, la vérification de la clé dans la botte et la bonne fermeture du blouson. Afin de compenser, à sa manière, le manque de mise à température idéale du moteur au premier tour, Fergus Anderson laissait filer tous ses concurrents pendant celui-ci, se contentant de suivre à allure et distance de suiveur. C’est dans les 4 à 6 tours suivants, sur les 12 ou 15 qu’il avait à couvrir selon la catégorie dans laquelle il s’alignait, qu’il se retrouvait en seconde ou troisième position, pour, la plupart du temps, sauter celles-ci et prendre la tête dans le final. Sa position couchée, dite de "record du monde", lui permettait ces remontées fantastiques. Quant à ceux qui ont cherché à l’imiter, ils se souviennent que si cette position procurait un avantage appréciable quant à la vitesse en ligne, elle devenait la cause d’un dangereux tangage quand au bout de la ligne droite ou au bas de la pente, l’on se remettait en position assise. Fergus, lui, en avait le secret. Celui-ci, et son adresse en conduite, lui ont aussi permis à de nombreuses reprises de s’aligner en catégories supérieures avec une machine de plus petite cylindrée. A Gedinne comme à Francorchamps, en catégorie 350 cc., sur sa Guzzi 250 ......et l’emporter chaque fois.

JPEG - 59.5 ko
DUKE sur Norton 500

NON-PARTANTS

En 1949, au lendemain de la fin de guerre, c’est à Gedinne que s’est produit un très sérieux événement qui provoqua l’hilarité générale des quelque 25.000 spectateurs. Le temps était ensoleillé au point que le souci principal de ceux-ci était de chercher de l’ombre, à condition de rester dans les zones de diffusion des haut-parleurs. La première course était annoncée. 23 juniors sont officiellement inscrits et suit la liste de leurs noms. Le "speaker" en cite 21 et le plus techniquement du monde annonce les 2 défections : Gobel et Himler, pour raisons personnelles. Ils étaient officiellement inscrits sur la liste avec prénoms et adresses en Belgique, ainsi que les marques de leurs motos. Ca ne s’invente pas !

Y A-T’IL UN MEDECIN ?

Jean Leroy, était le sympathique et inamovible speaker officiel de toutes les grandes rencontres en sports mécaniques. Il était donc normal de l’entendre officier à Gedinne, avant et pendant les courses. Ce qui l’était moins ce dimanche là, en pleine course des internationaux 350 cc. à Gedinne, c’est le sujet de l’annonce qu’il fit : "on réclame de toute urgence le docteur G...pour un accouchement." Il reprit immédiatement le commentaire du déroulement de la course, lorsqu’il se rendit compte de l’émotion que son annonce avait pu jeter sur la foule et jugea utile de préciser : "soyez rassuré cher public, l’accouchement pour lequel je viens de faire appel à un médecin, n’aura pas lieu sur le circuit".

Un journaliste présent sur les bancs de la presse a cru entendre Jacques Ickx, spécialiste moto, ajouter à l’adresse d’un confrère : "évidemment que ce ne sera pas sur le circuit, puisqu’à Gedinne, il n’y a pas d’enceinte à l’arrivée ".

JPEG - 62.8 ko
Les side font le spectacle.

NON, MAIS.

C’est vrai, il n’y avait pas d’enceinte de réception après la ligne d’arrivée. Les vainqueurs se rendaient directement au podium d’honneurs. Par contre, ce qui ne manquaient pas ce sont les buvettes, les baraques à frites, les charrettes à crèmes glacées. Tout y était pour le boire et le manger. Déjà alors, le circuit était admirablement conditionné pour la restauration du public. Les compétitions commençant dès 11 h. et jusqu’en fin d’après midi, il fallait alimenter la foule. La foule, oui, mais les journalistes, comme les officiels, vissés à leurs bancs et sièges, crayons aux doigts pour les uns et chronomètres en mains pour les autres, n’avaient aucune possibilité d’abandonner leurs postes respectifs pour fendre foule et faire file. "Et nous, pensaient-ils tous ! " L’étonnement, les questions, l’inquiétude se lisaient dans les regards. Mais les sourires se firent jour lorsque tous indistinctement reçurent en ligne directe d’un traiteur local (qui avait un peu de retard), une somptueuse assiette ardennaise bien garnie accompagnée de ce qu’il fallait pour arroser ces mets régionaux.

Il faut reconnaître que lorsqu’on s’appelle "Gedinne", Il eut été mal venu d’oublier l’heure de table.

L’organisation de l’époque, qui a précédé celle actuelle d’Antoine Schmit, savait déjà y faire. Et vous pourrez vous rendre compte sur place cette année encore, qu’avec son comité et ses équipes, ils ont appris à faire encore mieux.

Jean VAN DER REST


Un message, un commentaire ?

(Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Lien hypertexte (optionnel)

(Si votre message se réfère à un article publié sur le Web, ou à une page fournissant plus d'informations, vous pouvez indiquer ci-après le titre de la page et son adresse.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)


home        |        forum        |        Recherche

Automag © 2007 Privacy Policy Terms Of Use