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Viva Vivarais ! Pluie, brouillard et fantaisie ...

Première publication : 30 mai 2006, mise en ligne: mardi 30 mai 2006, par Raymond COLLIGNON

6 & 7 mai 2006 : Nuit du Vivarais.
 Association Drôme Auto Passion



L’Ardèche, c’est vraiment un pays de rêve pour les amateurs de rallyes, depuis le Monte Carlo et ses grandes étapes mythiques parcourues par les mousquetaires et autres légendes de ce sport, les tortueuses routes du Vivarais (autre nom de l’Ardèche) ont été parcourues dans tous les sens par les rallyes sportifs pour voitures anciennes.

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prêts pour le départ.

Ainsi, nous nous souvenons d’un certain Liège- Rome- Liège de 1992 où pratiquement tout le rallye s’était fourvoyé noyé dans les trombes d’eau d’une nuit infernale. Seules trois ou quatre voitures en étaient sorties indemnes, les autres étaient soit dans des trous soit dégoûtées et très en retard. C’est dans des pays comme cela que s’écrivent les légendes, non pas seulement celles qu’on raconte à la veillée dans les fermes perdues dans la montagne mais aussi celles du sport automobile, du moins de l’ancien, celui où on roule la nuit, dans le brouillard et la neige et où on n’a pas un commissaire de sécurité tous les cinquante mètres pour vous remettre dans le droit chemin ou vous « sauver » en vous extrayant de votre voiture surprotégée, bardées d’arceaux, faite pour sortir sans se faire mal !

Cette année c’est sur ce terrain de jeu idéal que pour la troisième fois, l’équipe de passionnés de « Drome Légende » organisait leur épreuve.

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Fred Corneo, le Directeur de course, donne ses instructions, il fait encore beau.

Montélimar, ses nougats, ses boulevards, ses platanes, ses jolies femmes à l’accent qui chantent... son rallye !

C’est dans cette ville qu’une quarantaine de voitures s’étaient réunies pour prendre part à cette épreuve déjà réputée du challenge européen de régularité.

L’équipage Automag et sa bouillante BMW 2OO2 TI était de la partie après les plaisirs Catalans du Costa Brava.

L’itinéraire promettait, rien qu’à lire les points de passage : Crête de Blandine, Vals-les-Bains, Aubenas, Prades, Ruoms, Mas de Gras, Col de la Fayolle, Antraigues, etc.

Ce n’est vraiment pas un hasard si l’année prochaine le Monte moderne va transporter jusque là sur camion ses super voitures, incapables, comble s’il en est, de se déplacer par la route !

Le rallye commence bien... soleil et tutti quanti :

C’est avec plaisir que nous retrouvons là un petite colonies de Belges Jean Caro, équipier du français et Alain Garcon sur une Kadett GTE, Jean Luc Fraikin et André Godechal sur leur rutilante AUDI QUATTRO TURBO qui va mal finir, Eddy Borremans et Néthza Bensaid et sa Triumph TR7, Georges Janssen (organisateur des " Boucles de Francorchamps" le rallye belge du challenge européen)était présent comme équipier de Christian DORCHE, autre légende vivante du sport automobile Français sur une BMW 2002.

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la belle Audi de André Godechal avant son accident.

Par ailleurs, le plateau est constitué principalement de sportives relativement jeunes, ici, on vient pour le sport, par pour la balade BMW 2OO2, Porsche 911, Renault Alpine, Alfa-Romeo, Kadett GTE qui représentent l’essentiel du plateau, peu de nordiques, trop loin de leur bases et pratiquement pas de belles poseuses peu adaptées au terrain.

D’une manière générale, nous constatons que les voitures d’avant 1965 deviennent une denrée rare dans ce genre d’épreuves, les « modernes » avec leurs freins à disque, leur électronique, leurs autobloquant etc étant évidemment plus sûres et plus rapides pour en découdre dans de telles conditions.

Fred Cornéo a rédigé avec son équipe un beau Road Book descriptif et métré où, malheureusement quelques erreurs se sont glissées dans le métrage, ce qui a déboussolé l’un ou l’autre concurrent(e) moins aguerri aux improvisations souvent nécessaires dans ces conditions...

Heureusement les RT, très longues et très sinueuses, tracées en montagne ne sont pas bourrées de changements de directions, là, tout se passe donc très bien !

La journée, dès 10 heures du matin, est un véritable régal, il fait beau, les RT à 49,9 de moyenne se succèdent à un rythme effréné, pas le temps de chômer ni de faire d’assistance, il faut y aller !

6 RT nous mènent donc à travers l’Ardèche dans des conditions encore très agréables. Ces spéciales sont toutes relativement longues et se déroulent pratiquement sur des routes désertes. Qui connaît la Crête de Blandine, Saint-Thomé, Sommet de Sigaud, etc ?

Après cette longue et belle mise en bouche, la fameuse nuit nous attend...

Retour à Montélimar, repas à l’hôtel, tout le monde rigole, la nuit approche...

Avant le départ pour le « gros morceau » un classement est distribué, nous sommes 8 ième, Caro 4 ième etc, tout va bien pour les Belges, nos amis Français largement majoritaires dominent bien entendu les débats.

Jusque là donc, le soleil, ce bel ami du sud, nous avait gentiment accompagnés écartant quelques gros nuages porteurs de pluies...

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Jean Caro et son pilote français Garcon se concentrent dans la nuit pour le brouillard.

Dès le départ de la nuit, la tendance s’inverse, de grosses gouttes se mettent à tomber. Les premières épreuves se passent relativement bien, il pleut à verse comme j’ai souvent vu en Ardèche, cela glisse, mais on voit où on va à travers les vieux essuies-glaces qui grattent les pare-brise, c’est déjà ça !

Un peu plus tard, un autre ami se mêle au jeu... le brouillard. D’abord timide dans les fonds, il finit par s’ imposer partout...

Pluie, brouillard, routes glissantes, grenailles, tout et là dans la nuit pour permettre à ce rallye d’écrire à son tour sa légende.

Brouillard, brouillard, la panique !

A 49,9km/h, cela devient difficile de passer. La BM prend son pied mais il faut aller très vite, essayer de profiter des rares secteurs clairs pour se rattraper.

A ce petit jeu là, nous ne nous en tirons pas trop mal, nous passons partout avec une prise de risque minimum.

Au « regroup » de la nuit l’organisateur est tendu, il y a eu quelques sorties de route, la plus grave étant certes celle de Fraikin et Godechal dont l’Audi a pris un mur de face à relativement haute vitesse.

 « J’essayais de rattraper mon retard après les secteurs dans le brouillard mais un moment, au freinage, la voiture a tiré tout droit, je n’ai rien su faire... »

C’est ce que nous déclarera plus tard André vraiment dépité d’avoir endommagé son très beau jouet.

Dommage pour l’Audi, elle est juste réparable mais elle s’est fait mal. Jean-Luc aussi ; il a tapé dans le pare-brise, lui qui ne prétend jamais s’attacher...cela lui fera une leçon... s’il le veut mais les grands garçons n’obéissent jamais.

Dans une certaine improvisation, sous les trombes d’eau décide de ramener les moyennes à 45 dans les RT. La décision est sage mais le message ne passe pas facilement dans la panique, certain sont au courant, d’autre pas, un certain nombre abandonnent en estimant avoir déjà assez donné. En plus on ne sait pas ce qu’il faut faire sur le routier...une fameuse pagaille avec ces « self start » où on ne sait plus très bien quand il faut « self starter », la seule chose logique étant qu’il faut bien diminuer les moyennes dans les spéciales.

En plus, les trois dernières spéciales sont très longues dont plus de 22 kilomètres pour le Col de la Fayolle, etc. L’ouvreur de Frédérique l’a bien renseigné, maintenant, ce n’est plus du brouillard, c’est de la vraie purée de pois... visibilité de 5 à 3O mètres !

En cherchant le meilleur équilibre entre une petite prise de risque indispensable et une relative prudence de sioux, nous arrivons cependant à passer dans les temps.

C’est quand même surprenant de se retrouver devant le vrai mur d’ouate impénétrable.

Sans marquage au sol, il faut foncer au milieu entre le rocher à gauche et le trou à droite. C’est cela notre technique... quand on voit quelque chose et que les phares, tous allumés, arrivent quand même à percer un peu cette masse opaque.

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les BM à l’arrivée.

Le rallye se termine ainsi à Alba La Romaine, au milieu de nulle part dans la nuit, Frédérique reprend les feuilles des rescapés, 21 voitures seulement seront classées.

 « Rendez-vous demain à Montélimar, c’est fini ! »

Ceux qui arrivent à lui sont contents, une vingtaine de voitures au moins ont quand même abandonné, c’était vraiment dur !

Un rallye de légende :

Qu’on le veuille ou non, cette nuit du Vivarais restera dans les annales comme un rallye de légende, un vrai, comme on les aime, peut-être pas tout à fait dans l’esprit « régularité » mais bien dans celui du sport et de l’aventure.

Tous les déplacements du monde se justifient pour vivre cette expérience.

L’Ardèche reste certainement un des meilleurs terrains de jeu du monde pour organiser ces « folies » et on ne peut que féliciter les organisateurs aux gros cœurs qui en « ont encore assez » pour prendre ces risques et donner du plaisir aux derniers fêlés que nous sommes.

L’équipage AUTOMAG est très fier d’avoir gagné ce rallye à la sueur de nos fronts et de nos yeux fatigués.

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AUTOMAG, les "Rois" du brouillard.

Tous ceux qui ont vécu cette fête en resteront marqués pour longtemps, même si, à un moment, tout a failli être gâché par un premier classement bourré d’erreurs et pourtant proclamé.

C’était la faute à une grosse bulle informatique due principalement au programme qui n’avait pas bien pris en compte les modifications de dernière minute décidées par l’organisateur.

Enfin, finalement, le classement publié après contrôles - voir annexe, est juste, cela a été confirmé après de nombreuses vérifications.

Quant à Frédéric Corneo et son équipe de Drome Passion, on ne peut que les féliciter : leur rallye était formidable.

L’essentiel : itinéraire, découpage... climat étaient parfaitement réunis pour que cette épreuve devienne mythique ce qu’elle méritera largement de devenir après correction de quelques petites erreurs de jeunesse.

En plus, sans vouloir faire de la morale de bas étage, nous admirons ces passionnés qui ont su reconnaître leurs erreurs, c’est cela aussi l’apanage des grands !

Raymond COLLIGNON


 DROME AUTO PASSION
 Chemin de la Touche
 26780 CHATEAUNEUF DU RHONE
 Tél. & Fax : 04.75.90.88.95
 www.drome-autopassion.org

Epreuve du European Classic Trophy Elle reprend une partie des routes des spéciales du RALLYE DU TEIL, dans le département de l’Ardèche. Des étapes gourmandes sont prévues tout le long du parcours. Infos pour édition 2007 : contact@drome-autopassion.org


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