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10 heures de rallye à HUY.

samedi 17 juin 2006, par bob

Dans le baquet de droite ...



Il est grand temps que je vous conte nos aventures au plus mythique des rallyes belges, organisé par la paire Fraikin-Munda. Un emploi du temps très chargé avec l’organisation du Wallonie Classic tour et le boulot ont repoussé un peu loin mon rédactionnel. J’espère que les souvenirs seront toujours présents. Je ne vous parlerai pas en détail du parcours, cela a été fait pas Bruno Sacré et Eddy Coppée. Bon, allons-y.

Inscrits en catégorie "Classics" comme à notre habitude, Jean-Pol Hontoir me prévient une semaine avant le départ, qu’il ne pourra en être pour cause de journée portes ouvertes dans l’école où il donne cours de mécanique. Aie ! Jean-Philippe Epis, présent lors du coup de fil, est aussitôt interrogé. Après avoir roulé en France en 2005 et choux blancs en 2006, l’envie est très forte de remettre la godasse de plomb. L’accord tombe le lendemain (les instances supérieures à interroger), mais nous roulerons en "Experts", car il n’est guère emballé par le rallye "Classics", tout en fléché métré. Qu’à cela ne tienne, je me jette à l’eau... pour amener de l’eau au moulin des précédentes discussions (voir article sur automag.be).

Convoqués pour 06h45 aux différents contrôles pré-départ, alors que nous sommes affublés du n° 69 (eh oui !), nous devons déjà braver les intempéries du petit matin en faisant la file dehors. Pour un rallye comptant pour le championnat d’Europe, bizarre.

Le briefing sera réduit à sa plus simple expression, mais me permettra de questionner l’organisateur, Jean-Luc Fraikin, sur un des points du briefing écrit : les contrôleurs aux C.H. doivent signer dans la première case libre des C.P. Faut-il le demander ? Oui m’est-il répondu, nous en tiendrons compte.

Après avoir étudié une volée d’addendum, nous sommes au départ avec un stress que l’on peut comprendre, nous sommes dans la cours des "grands".

La traversée et la sortie de Huy provoquent des dégâts chez certains adversaires qui n’ont pas bien compris les modifications de parcours. Avec déjà un self-start d’R.T 1, 12’ après le départ, il ne faut pas traîner pour atteindre le bois de Thiange. Voir d’autres concurrents partir sur une autre route ne fait qu’augmenter la pression dans la petite Fiat 128 Coupé de Jean-Philippe. Un fléché métré nous amène à Saint Georges au CH 02. Rien à signaler à bord. Le mauvais commence à sévir à l’extérieur.

CH 2 - CH 3 Saint Georges vers Rosoux avec une 1ère carte à tracer, assez facile. Les routes sont gorgées d’eau et dans les chemins de remembrement, les cuvettes sont transformées en véritables piscines olympiques. Il faut faire très attention de ne pas passer trop vite, sous peine d’ennuis d’allumage ou de se voir aspiré hors de la route. A l’intérieur, l’ambiance est bonne, calme.

CH 3 à CH 5/6 de Rosoux à Oreye, via Kemexhe : tronçon en fléché non métré droit. Là cela devient encore plus sérieux, il faut ouvrir l’œil. Tout ballon se paiera cash, vu les conditions climatiques.

Après un premier arrêt de 20’, un petit fléché métré, une carte à tracer, et 4 arêtes de poisson nous amènent au départ de l’RT 2 qui sera parcouru entièrement en carte à tracer, vers le CH 7 à Hollogne. Ah oui, j’ai oublié de vous dire que les moyennes à respecter sont de 49,99 et 36km/h dans les agglomérations. Bonjour les changements de moyenne incessants. Il faut jouer alternativement avec deux chronos et remettre à zéro le trip... à condition de ne pas se tromper sur le parcours. Dans la 1ère carte, une route à prendre à gauche va faire tomber des pénalités. Un panneau chemin agricole trône à droite. Faut-il s’engager ou non ? Discussions dans la 128 et nous prenons le bon parti de négliger et de prendre une route plus loin où un contrôleur tout sourire nous attend. Comme il n’a plus de faux CP, nous pensons être sur la bonne route. Car dilemme, ne s’agit) il pas d’un contrôle pour les "Classics". Le raccordement entre la carte et le début des arêtes de poisson n’est pas correct et provoque bien des errements de la part des concurrents. Après quelques secondes d’hésitation et un demi-tour, nous saisissons l’erreur et repartons dans le bon sens. Pas d’énervement à bord et nous trouvons le parcours assez plaisant, bien que tracé sur les chemins de remembrement. Cela ne va pas durer.

Fin des arêtes et début de carte au 1/50000è, mais aussi départ de l’RT 2. Bon sang, par quel chemin sommes nous arrivés ? Une route doit nous conduire en dessous de l’autoroute. Pas moyen de la trouver. D’autres voitures cherchent également. Nous tournons et tournons dans un rond-point non signalé sur la carte et perdons un temps fou pour comprendre que la route n’existe plus et qu’il faut prendre une autre direction. La nervosité s’installe dans l’habitacle de la 128 et 1ère grosse boulette (rien à voir avec St Nicolas) de la journée : attirés par un panneau de CP destiné aux "Classics", nous prenons une route qui bien que nous ramenant sur le bon parcours, nous fait rater un contrôle de passage humain. L’arrivée à Hollogne nous enverra dans les matitis, avec remise sur la bonne route par Jean-Luc Fraikin him-self, stoïque sous la drache. De nouvelles routes ont été construites et ne figure pas sur la carte. Merci Jean-Luc, car sans lui, nous rations la fin de l’RT.

Bonjour les points de pénalité à ajouter au retard du tronçon à la seconde.

10’ d’arrêt à Hollogne, à peine le temps de boire un verre d’eau, car une nouvelle carte à tracer et l’RT 3 nous attendent.

CH 7 Hollogne, CH 8 Bertinchamps, CH 9 Seraing le Château. Quelques petits pièges sont facilement évités, nous avons le sentiment d’avoir bien roulé sur ce secteur et avoir eu le temps de faire demi tour pour réclamer aux contrôleurs horaires de signer notre feuille de route (voir début). Malheureusement, je ne puis vous donner le détail de nos prestations... puisque nous n’avons reçu aucun classement de l’organisateur.

CH 9 à CH 10 Seraing-Dreye, une dernière carte à tracer pour cette première partie va nous mettre à rude épreuve, puisque tout se joue sur un millimètre pour trouver le chemin le plus court pour joindre 2 points. Nous modifierons plusieurs fois notre tracé initial. L’analyse de la carte à posteriori montrera que nous sommes dans le faux. Aie !

Il est temps d’aller se restaurer à la centrale ALE de Villers le Bouillet CH 11 où un trio de pâtes vient réchauffer nos organismes qui ont souffert ce matin. Point de répit cependant, car les discussions vont bon train, sur tel ou tel passage, tracé de carte.

Alors que tout un chacun s’apprête à repartir pour la 2è section, un violent orage vient secouer les bâtiments, les arbres se couchent, font face aux éléments déchaînés, les lampadaires extérieurs ploient dangereusement et fort heureusement, nous sommes toujours à l’abri, l’électricité est coupée, un comble, aucune voiture n’est repartie. Le temps que la tempête se calme, les "Classics" reprennent la route sous des trombes d’eau. Il est temps pour nous d’y aller. Jean-Philippe n’ayant pris sa veste, je cours à la voiture pour... voir Bernard Lamy emboutir l’aile arrière droite de la Fiat. Il fait tellement mauvais, qu’il n’a pas vu la 128.

Il est temps de reprendre ses esprits, nous repartons probablement pour la partie la plus difficile, quoique se déroulant en partie dans mon jardin, aux environs de Ciney.

CH 12 à CH 13 Thiange-Marchin, une longue liaison inutile en carte à tracer va nous promener vers Strée, grand route vers Tinlot, Ramelot est atteint par les campagnes et puis, grand route via Modave et le Pont de Bonne pour rejoindre Marchin. Mais, à partir d’ici, cela se corse sérieusement.

CH 13-CH 14 Marchin-Filée : Fléché non métré droit et arête de poisson. Interdiction formelle de se tromper ou vous êtes dans les choux. RAS à bord, mais il faut quand même "appuyer" pour passer dans les temps et surtout rester concentré. CH 14 à CH 16 de Filée à Leumont (Gesves), formule inverse : fléché allemand et fléché droit non métré. Je connais de mieux en mieux la région, Jean-Philippe maîtrise toujours aussi bien la Fiat, cela roule sur des roulettes chaussées en Dunlop.

La carte suivante, toujours à tracer, requiert plus d’attention, car les routes sont étroites, Groyine et Strud, deux petits villages où il y a plein de petites routes cachées entre les maisons, et le radar de la Fédération en planque dans une zone à 36km/h. Je pense que nous sommes dans les 4 équipages non flashés, mais une fois de plus, cela sera un mystère.

Entre Brionsart CH 17, commune de Gesves, et Spontin CH 18, cela se complique encore. Départ de Brionsart pour l’RT 4, en carte muette s’il vous plait. La connaissance de Gesves où habite mon ami Jean-Pol Hontoir, m’est d’un grand secours pour ne pas nous perdre, mais me fera oublier que nous sommes en RT et qu’il y a un changement de moyenne. Et badaboum, mea culpa, les pénalisations vont encore tomber. Dommage, car nous avions le sentiment d’avoir bien roulé depuis la reprise de l’après-midi. Une dame complètement perdue nous bloque le passage pour nous demander quand se termine le rallye car elle est dérangée dans sa sieste. Il faut vous dire qu’il est près de 17h00 !!!

L’arrivée à Spontin est en carte à tracer, avec un dernier piège qui pénalisera pas mal de monde, pas nous, grâce à ma connaissance des lieux. Nous aurons eu le loisir de constater les arbres arrachés par la mini tornade et habitant à 9km de là, je me demande comment cela s’est passé à Ciney.

Ouf, break de 20’ pour se relaxer un peu et saluer les copains venus en voisins.

CH 19 Spontin, CH 19b Sovet, CH 20 Braibant : arête de poisson. Tout va bien, nous sommes chez nous et les routes n’ont plus de secret pour nous.

Du CH 20 au CH 22 à Schaltin, le parcours en carte et en arête de poisson sera quelque peu remanié, pour cause d’intempéries, et c’est presque en liaison par Ohey où notre ami Eric Mossoux nous attend, que nous arrivons au CH 23 à Evelette pour l’RT 5, où un autre morceau difficile nous attend. 2 changements de moyenne et arête de poisson. 5 4 3 2 1 GO et pan, 500mètres plus loin, nous avons déjà tout faux. Demi tour, cela s’énerve, une route cachée dans les travaux nous interpelle, faut-il la compter ou pas, discussions, décisions à prendre et ce foutu chrono qui tourne toujours. Nous en sortons tant bien que mal, moi bien content d’être retombé sur nos pattes. Nous n’accordons plus d’importance à l’RT, mais nous voulons arriver à temps au CH 24 à Pailhe, où un îlot à prendre 2 fois, nous fait pointer à quelques secondes à peine de la pénalisation pour retard. Bravo Jean-Philippe qui a su mener la Fiat dans ses derniers retranchements.

Bon, ici je fais un break au clavier, pour vous permettre de souffler un peu et moi de mettre un peu d’ordre dans mes idées avant d’attaquer les derniers kilomètres

CH 24 à CH 25 Pailhe-Petit Avin : Carte muette assez facile. RAS.

CH 25 Petit Avin à CH 26 Terwagne : dernier RT en carte et fléché.

A première vue, rien de difficile, ce sera le dernier clou de notre cercueil. Le départ à la carte à tracer est facile et au moment où je vous écris ces mots, je remarque que mon tracé est faux ? A moins qu’il n’y ait un panneau d’interdiction, j’ai pris une route trop longue et peut-être un CP dans les gencives. Mais, ce n’est rien en comparaison de la sortie de carte. La fatigue aidant, je ne vois pas la petite flèche noire qui indique la fin du parcours, avant de passer au fléché métré. Bien entendu, deux signes semblables, et vous voilà parti tout droit... au lieu d’aller à gauche. Bien entendu, vous roulez sur une route de campagne où la première intersection est à des kilomètres. Malgré la hargne de Jean-Philippe et la bonne volonté de la petite Fiat, nous prendrons une valise points à la fin de l’RT et encore quelques minutes en plus au CH 26. Ceci est la 3è boulette de la journée. Les boulettes se mangeant habituellement par paire, la dernière me reste encore sur l’estomac.

Le retour sur les Poudreries de Clermont CH 27 se fera sans encombres en carte, du moins je le suppose, car rappelez vous, pas de classement détaillé, avant de terminer à Huy CH 28 en ayant fait la course sur route ouverte, malgré les limitations de vitesse, les casse-vitesse et les feux rouges.

Il est 19h00 et nous sommes crevés. Vite une bonne bière au Lutécia chez Jean-Pierre Van Houte, dont l’établissement est pris d’assaut, et le mot est faible, par les concurrents. Une fois de plus, je questionne Jean-Luc sur les signatures aux contrôles horaires (voir au début) : oui nous en tenons compte. Ensuite retour à Villers le Bouillet pour le repas de clôture et de remise des prix qui se fera vers 01h00 du matin, après de multiples modifications et sans affichage préalable. Evidemment, pas de pénalité pour les signatures aux CH.

Dommage un final en queue de poisson (qui a dit normal après autant d’arêtes ?). Il faudra revoir la copie pour l’an prochain et surtout le prix de l’engagement, car l’inflation est aussi galopante que pour les prix du pétrole.

A bientôt pour de nouvelles aventures en France ou j’ai participé le week-end des 9 et 10 aux Routes d’Auvergne. Dépaysement garanti.

Daniel Pigeolet

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