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TRAIN D’ENFER EN ARDECHE !

Première publication : 24 novembre 2006, mise en ligne: dimanche 5 novembre 2006, par Raymond COLLIGNON

Rallye PAC- SUD REGUL 2OO6.



VALS LES BAINS, ville d’eau pour une fois à sec, nous accueille en pavanant sous le grand bleu.

Mercredi Ier Novembre : il fait beau sur Vals que je n’ai pas vu souvent ainsi depuis le premier Liège Rome Liège 1992 où nous étions passés par là sous les trombes d’eau. La dernière fois, cela était encore pire à la « nuit du Vivarais » brouillardeuse comme un cafard... C’est dans cette ville, centre névralgique des grands rallyes de régularité, qu’Eddy Borremans, Freddy Paul et leurs nombreux amis ont donné rendez-vous à 6O courageux-fous, engagés en toute connaissance de cause au PAC- SUD- REGUL rallye.

Ce rallye de légende traîne déjà derrière lui la réputation justifiée du plus dur des durs, une sorte de canon ball où seuls les très grands garçons s’affrontent en gentlemen certes mais le couteau entre les dents !

Ils sont d’ailleurs tous là, majoritairement Belges :Chavan, Lambert, Horgnies, Burniat, Adriaens,, Gully, Lareppe, Hayez, Corthals, Paquay, Reuter, Lauffs,, Joris, Rogister, Paisse, Dozo, Vandewauwer, Lamy, Vendervorst, Lux mais aussi Français Provent, Ferrari, Barberis, Lallement, Leveque, sans oublier l’Italien Fiorito toujours en tête du challenge Européen, nous sommes là aussi avec la BM automag à peine remise de ses aventures Carolorégiennes.

En tout, une soixantaine de voitures sont inscrites, ce n’est pas mal pour un rallye dont on dit qu’en sortir est déjà un exploit !

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Joseph LAMBERT, Adrien FELOT se détendent. Le calme avant la tempête

Dans la pratique, il y a un grand rallye général appelé « sud régul » ; intégré en lui, le PAC se paie, en plus de l’itinéraire général déjà difficile, une épreuve de nuit réputée impossible qui fait l’objet d’un classement séparé.

Jeudi 2/11/2OO6 les festivités commencent fort :

Première originalité, le rallye commence de nuit : 2OH15 et la première voiture file vers Burzet où, bientôt passera le rallye moderne du championnat du monde qui regagnera enfin ses pénates légendaires... fini de jouer en faisant ses petits tours autour de Monaco ! Contrairement à ce qui avait été dit, cette première demi nuit est très compliquée, ardue au niveau de la navigation et difficile quand aux vitesses à respecter.

Surtout quand on fait une petite erreur de navigation, il est pratiquement impossible de se rattraper.

Le moindre retard se cumule car les spéciales sont très longues et les prises de temps intermédiaires se font en arrêtant la voiture à chaque fois pour inscrire le résultat sur la feuille de route. Une minute prise en début d’étape se transforme ainsi souvent en cinq ou six minutes de pénalité en fonction du nombre de prises de temps.

Tout cela évidemment si on ne se trompe pas plus car la navigation dans les hameaux et villages n’est pas toujours facile...alors, les valises s’accumulent !

Ainsi s’explique pourquoi les voitures se transforment vite en « boulet de canon » avec des numéros sur les portes...

Pour calmer le jeu, l’organisateur prévoie de diminuer les moyennes dans les traversées de villages, il faut tenir compte de ces modifications dans le décompte final.

Certaines fois sur 6O kms ou plus de spéciales en montagne il peut y avoir trois ou quatre changements de moyenne, le but étant de sécuriser les villages et non d’ennuyer les équipiers bien perturbés par tous ces calculs à faire dans une voiture hurlante et brinquebalante.

Bien sûr toute l’épreuve se passe sur routes ouvertes quasi désertes et le fait qu’il y aie peu d’accident prouve à quel point les « fous » sont raisonnables, la chance ne suffit pas dans ces cas là.

Nuit noire, changement de moyennes, pièges multiples : à ce petit jeu, tout le monde a l’impression de rouler mal ; le rallye pendant cette première nuit est vraiment très difficile aussi bien pour les pilotes que pour les équipiers.

Tout le monde se demande : « qu’est ce que cela sera pour le PAC ? », en principe encore plus exigeant.

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Jean-Pierre VANDEWAUWER, la vedette pose avant le départ

Après largement plus de 18O Kms d’épreuve cette première mise en bouche se termine à plus d’une heure du matin, comme promenade de santé, on peut faire beaucoup mieux !

Nous sommes passés au col de Jou, Saint Julien du Gua, Lachamp Raphael et une multitude d’autres endroits célèbres dans le milieu du rallye moderne et ancien.

A notre niveau, nous avons largement testé le système, une petite erreur de lecture de note nous a poussés pendant plus de quarante kms « à la recherche du temps perdu ».

C’est fou comme cela va vite le temps qui passe et qu’on ne rattrape plus...

Vendredi 3/11/O6 avant la nuit du PAC.

La journée s’annonce belle, même à 8H3O du matin, il fait déjà clair et toutes les brumes ont quitté les vallées.

Après la première nuit, nous nous retrouvons de jour sur les mêmes routes, c’est plus dangereux car, même en tenant le plus possible sa droite, ce n’est pas évident de rester en sécurité sur ces petits chemins où les facteurs, les épiciers ambulants, les fermiers et leurs vieux tracteurs se baladent sans vergogne...

Dans ces conditions, nous sommes d’une prudence de sioux, ce qui n’empêche pas de temps en temps une belle frayeur en croisant l’un ou l’autre quatre- quatre, vraiment très encombrants sur ces anciennes routes à charrettes peu adaptées à ces mastodontes à la mode même ici.

Malgré nos erreurs de la nuit, nous sommes sixième et c’est la Volvo Amazon de Bernard Lamy et Robert Vandevorst qui s’est installée en tête. L’autre Volvo, PV544 celle-là, de Serge Adriaens - Gully leur lèche les échappements, les Suédoises solides et plus agiles qu’il n’y paraît dominent les débats devant les Opels et les BM et autres Porsches.

Robert Joris et Gilbert Rogister font des merveilles avec leur Peugeot 4O4, les deux Porsches de Paisse et Reuter sont aussi largement dans le coup. Les Français Provent- Chamoux sont époustouflants au volant d’une moderne BM Z3 Coupé M.

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"L’âme" de la VOLVO PV544, vainqueur du rallye

Ce qu’il faut pour gagner ici, c’est ce genre de voiture, une bonne berline haute sur patte sportive et solide ou alors un petit pou comme celui de Fiorito qui a amené en Ardèche son Autobianchi et s’en tire très bien malgré l’effondrement évident de ses suspensions à l’arrivée.

Le rallye se poursuit jusqu’à la nuit tombée à Vals en passant encore par Saint Etienne de Luc, Borne, Joannas, Neyrac les bain...

La BM nous a fait sa petite maladie, probablement trop sollicitée par nos intempestifs coups de gaz, l’antique commande des Weber a une fois de plus rendu l’âme en pleine spéciale... brûlures aux main, minutes de retard, énervement dans la montagne déserte tout y passe avant que la belle ne se décide à repartir.

Malgré ces avatars nous sommes classés sixième du général toujours dominé par l’Amazon de Lamy-Vendervorst poursuivis par l’autre Volvo de Adriaens- Gully.

Le PAC, la nuit la plus folle !

Vers 18 H, « les fous du Pac »prennent le départ pendant que leurs petits amis partent prendre un délicieux repas à la « Remise » à Antraigues.

Dès le départ, on a compris, nous arrivons déjà avec une quinzaine de secondes de retard au départ de la première spéciale !

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FIORITO cherchait ses clés, AUTOBIANCHI est encore droite

Tout est à cinquante de moyenne, ce qui n’est pas théoriquement très vite mais la navigation est loin d’être facile et les fameuses prises de temps intermédiaires font vite perdre beaucoup de temps. Sans exagérer, sur une étape de 6O Kms en spéciale, les arrêts nécessitent au moins 5 minutes auxquelles doivent évidemment s’ajouter les « nombreuses hésitations du secret ».Dans ces conditions, le pilotage à vue, en diminuant la cadence dans les villages aux moyennes souvent limitées, devient un véritable SPORT comme n’en connaisse plus beaucoup de pilotes actuellement, en ce compris les champions des rallyes modernes !

Pour nous, quelques hésitations de navigation, nous ont vite positionnés dans un peloton de Liégeois : je ne vous dis que cela... sang chaud devant !

BM, Porsche et autres Peugeot se tirent la bourre puisqu’elles sont en situation commune : toutes en retard !

Les équipiers suent à grosses gouttes, les pilotes s’énervent, les voitures ronchonnent, puent des freins ; c’est du « vrai rallye » mais est-on au début du vingt et unième siècle en Ardèche ou en Ardennes dans les années soixante à l’époque des grands rallyes secrets ?

Après quelques épiques bravades, la BM Automag se retrouve enfin seule. Nous retrouvons un rythme plus équilibré hélas vite brisé par un long virage à droite qui se referme à la sortie, la Bavaroise est happée par le vide et se retrouve posée dans un grand fracas sur un mur de pierres sèches ! C’est beau la nuit... la lune, le gel, la montagne blafarde... le silence.

La voiture n’a presque rien, elle tourne comme une horloge, pas de fumées alarmantes, il suffit juste de la sortir de là. Quelques amis s’arrêtent en passant mais ils voient bien qu’ils ne peuvent rien faire, ils continuent leur course en nous laissant seuls, nous ne leur en voulons pas, c’est la vie.

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La BM AUTOMAG après sa visite au mur de pierres

Nous nous transformons en carriers et démontons le mur, grosses pierres après grosses pierres. C’est incroyable l’énergie qu’on peu déployer dans ces conditions extrêmes, nous arrivons à dégager l’avant de la voiture qui fini par glisser vers un petit chemin de terre en contrebas grâce aux coups de main d’amis Ardèchois en R5 et Citroën GS, merci à ces cœurs fidèles qui se reconnaîtront ici !.

Nous pouvons repartir quasi indemnes, c’est incroyable : tout va bien, freins, moteur, direction. La gentille est prête à filer, c’est nous qui devons nous y remettre, nous n’y croyons plus.

Arrivés par miracles à l’auberge de Peyre où une halte est organisée, nous nous rendons compte que nous ne sommes pas les seuls à avoir souffert, la Volvo de tête a cassé une rotule, d’autres se sont perdus ou sont sortis de la route, la rallye n’est pas fini.

La nuit du PAC est longue, plus de trois cents kilomètres qu’il faut négocier en trouvant le si parfait équilibre entre folie et raison.

Nous sommes une quinzaine à rejoindre Vals à plus de deux heures du matin, certains avaient parié qu’il resterait moins de cinq voitures, ils se sont trompés...il faut dire que si les conditions climatiques avaient été mauvaises, ils auraient probablement eu raison.

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La R5 TURBO salvatrice

Tout le monde est content d’être là, la nuit sera courte car le rallye ( la galère) repart à 9 Heure du matin pour un dernier baroud d’honneur, une bière, quatre heures de sommeil et c’est reparti.

Par miracle, nous sommes classés sixième, comme annoncé, nos amis ont aussi dégusté et nous avons eu beaucoup de chance de sortir de notre trou !

Adriaens et Lareppe, deux forts gaillards que peu de choses arrêtent ont pris la tête, Paisse, Joris et Reuter ne sont pas loin devant nous.

Samedi 4/11/O6 baroud d’honneur des rescapés.

Pilotes, voitures, équipiers, tout le monde est fatigué. La matinée est pourtant calme, pour une fois, on se croirait dans un vrai rallye de régularité, un peu barbant et fade comme l’eau claire !

Eddy Borremans est enfin arrivé à trouver des routes normales en Ardèche !

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Le Chef BORREMANS montre la voie

Il faut lever le pied, freiner pour ne pas prendre d’avance, on en a vite oublié que cette promenade qui nous permet d’admirer enfin des paysages à vous couper le souffle est bien plus proche de la norme que les folies coutumières vécues jusque là.

Arrivés au repas de midi à Saint Agrève on pourrait croire que cette routine peinarde s’est installée définitivement. C’est mal connaître le Maître Borremans : la dernière après midi sera sportive ou ne sera pas. !

Là, Eddy fait encore plus fort, il s’amuse même à faire des « décomposés » dans un paysages où il n’y a pas de routes !

Le rythme est de nouveau soutenu ; tout le monde : fatigués, épuisés, crevés, se trompe, nous rattrapons des voitures qui croient être en avance alors que nous prenons des valises...sans le savoir !

Nous finissons les dernières étapes de nuit, nous n’y voyons plus rien, c’est normal, les anti-brouillard ont déclaré forfait dans la sortie et nous avons stupidement oublié d’enlever les caches des longue-portée !

C’est la cerise sur le gâteau, la goutte de trop, le vase qui déborde ; il était temps Vals approche, le rallye est fini est-ce possible ?

Après I.OOO kms en montagnes près de quatre-vingt prises de temps, des centaines d’épingles, des milliers de virages, nous sommes arrivés au bout de cette épreuve réputée, à juste titre, comme étant la plus dure d’Europe.

L’organisation est impeccable et le système de prise de temps de Freddy Paul est superbe, pas une seule erreur, pas une seule plainte lors de la publication du classement, c’est plus que rare !

Adriaens gagne devant Lareppe, notre BM Automag est troisième.

Malgré toutes nos aventures, nous sommes classés troisième au général et sixième du « Pac », c’est bien la preuve, une fois de plus, qu’il faut y croire à fond dans ces rallyes aventure où tout se joue jusqu’au bout.

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Les Belges ont fait fort, c’est une question de gènes ou de traditions ?

Beau coup d’amis se sont plaints des difficultés de ce rallye. J’ai même lu sur un site internet un avis très négatif d’un pilote « Escort » qui estime que cette épreuve ne devrait pas exister parce que trop dangereuse.

C’est vrai qu’il y eu des sorties de route et de rares accidents mais la plupart des excellents pilotes ménagent une bonne sécurité et savent raison garder, c’est d’eux que dépend l’avenir de cet extraordinaire rallye, plus populaires qu’il n’y paraît quand on voit le nombre de spectateurs enthousiastes le long des routes .

De toutes façons, heureusement, il est unique, fou pour les fous, ouvert à tous les amoureux de pilotage qui ne se contentent pas de parader en « has been » nostalgique.

Que dire aussi de ces autres dingues qui viennent de rouler à la Panamericana ?

C’est aussi une question d’état d’esprit et de vraies traditions ancrée dans les gènes.

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C’est cette TALBOT SUNBEAM des Anglais JARVIS-RUSHFORTH qui a la "première trop longue".

Comme pour cet Anglais avec sa Sunbeam Talbot à qui on demandait :

-« Comment cela s’est passé, sir ? »

Et qui répondait flegmatiquement :

-« Oh très bien, très beau rallye, c’est dommage que ma première était trop longue ! »

Chapeau ! c’est cela le sport, sir !

La nuit est tombée sur Vals les bains, la frileuse est toujours à sec sous son ciel remplis d’étoiles...

A bientôt pour la ronde Brignolaise.

Raymond Collignon.

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Au programme pour 2007 :
 PAC Rally du 1er au 4 novembre 2007
 Rallye Marathon "Côte à côte" de Coxyde à Cadaques en 36H non-stop. Du 13 au 16 avril 2007.


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