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6ème ING Ardenne Roads : Une lutte passionnante !

vendredi 27 avril 2007, par bob

6ème ING Ardenne Roads - Spa 21-22 avril 2007



La sixième édition de l’ING Ardenne Roads s’est disputée ce week-end dans la charmante petite ville de cure de Spa. Près de 120 voitures exceptionnelles, voire exclusives, sont alignées au soleil dans le ‘Parc des 7 Heures’, au centre de la ville. Des voitures qui ont marqué de leur empreinte leur époque et écrit une page de l’évolution industrielle, graphique et même sociale non seulement de par leur conception d’avant-garde mais également par leur design parfois osé.

Les voitures ont été soumises à un contrôle technique sévère dès le vendredi et la première voiture a pris le départ à 9.01 le samedi matin pour suivre un parcours secret. Il ne s’agit pas d’une course de vitesse mais bien de respecter une moyenne horaire imposée. ‘Facile’ pourrait-on croire, mais loin de là. Essayez donc de tenir une moyenne de 50 km/h au cours d’un trajet de type montagneux alors que vous devez partager la route avec des tracteurs agricoles, des cyclistes et des visiteurs étrangers surpris et parfois un peu perdus.

Le parcours a mené le samedi les participants vers Anseremme, où le déjeuner les attendait au Prieuré, via Maquisart, Tavier, Modave, Achet, Bauche et Gavole. L’après-midi le retour vers Spa se déroulera via Fond de Leffe, Vêves (et son château), Somme Leuze, Harzé et Winamplanche.

Une lutte passionnante

Les résultats montrent une certaine tendance dès le samedi après-midi. Les équipages expérimentés se disputent bien sûr les premières places et pas moins de 7 voitures restent sous le seuil de 10 points de pénalité : Stofferis-Dick (Jaguar XK 140 de 1955) comptent 2,75 points, Gerarts-Gully (Porsche 356C de 1964) 4,13 points, Malherbe-Pigeolet (Austin-Healey de 1959) 4,92 points, Freches-Lienne (Alfa-Romeo Giulia Sprint de 1967 et déjà doubles vainqueurs de l’épreuve) 6,03 points, Dolk-Noelanders (équipage néerlandais/belge sur Alvis Speed 25) 6,32 points, Van Eesbeeck-Johnson (équipage belgo-britannique sur Austin Healey 3000 MK II de 1961) 7,05 points et Closjans-Vandevorst (Triumph TR4 de 1968) 7,53 points.

Un nombre de candidats à la victoire étaient à ce moment-là déjà frappés par le mauvais sort. Tout d’abord Burkhardt-Lambert (BMW 328 de 1939) connurent une casse d’embrayage, Van Praag-Van Praag (Delahaye 135 MS de 1936) commirent une erreur dans la ZR 5 (zone de régularité) et Debeil-Dumon (Jaguar XK 120 Roadster de 1954) une malheureuse faute qui leur fit prendre 243,9 points dans la ZR2.

D’autres participants qui auraient pu jouer un rôle dans la course à la victoire ont également connu la poisse. Le moteur de la Wanderer Stromline Spezial de 1938 de l’équipage Casse-Casse avait des problèmes d’arrivée d’essence ; après avoir éliminé toutes les causes possibles les plus fréquentes, ils trouvèrent la panne, très rare : un mauvais contact sur un fusible du câble de la pompe à essence qui leur fit perdre 13 minutes... Eyben-Drisket (Jaguar XK 120 de 1952) ont dû faire face à un câble de compteur kilométrique brûlé, ce qui est particulièrement ennuyeux lorsqu’il faut tenir une vitesse moyenne... Roland D’Ieteren avait dû échanger avant le départ sa Siata pour une Fiat 8V de 1954 et se retrouva déjà dans la première ZR sans freins. Cela ne l’empêcha cependant pas de rejoindre le regroupement du midi où une réparation provisoire eut lieu. Nicolas D’Ieteren qui avait cédé sa Fiat à son père prit le départ au volant d’une Maserati A6 GS 1955, une voiture de sport très puissante mais moins adaptée à un rallye comme celui-ci. Behermann-De Clerck (Saab 93 F de 1959) ont été touchés à l’arrière de la voiture par un touriste et eurent non seulement une carrosserie froissée mais prirent également beaucoup de retard. Huynen-Van Praag (Jaguar MK II de 1966) ont également eu un câble de compteur kilométrique cassé mais ont pu réparer sur place. De Valkeneer-De Valkeneer (Porsche 911 S de 1967) ont été gêné par un tracteur qui les obligeât à faire une marche arrière. Michel Hermans qui conduisait pour l’occasion une Saab Sonnett III de l’importateur belge devait trop souvent lâcher les gaz pour cause de jeu sur la direction. Oet-Van den Eynde connurent une casse de boîte de vitesse sur leur Bizzarini et prirent le départ avec une Bentley S3 de 1964. Père et fils Caltabelotta qui auraient dû participer sur une Osca MT4 barquette de 1955 (une voiture de circuit en fait), l’échangèrent pour une Iso Rivolta Grifo.

Des glissements dans le classement

L’après-midi n’apportât que de surprises, si ce n’est quelques glissements dans le classement en tête de la course. Dolk-Noellanders sont pointés en tête à l’arrivée à Spa, Gerarts est deuxième mais Fresches-Lienne et Closjans-Vandevorst (également doubles vainqueurs) prennent respectivement la 3ème et 4ème places. Stofferis retombe de la 1ère à la 5ème place à cause d’une moins bonne ZR9 tandis que Van Eesbeeck conforte sa 6ème place. Stelloo-Schroyen remontent d’une petite place et sont 7ème devant un Dirk Van Praag qui remonte dans le classement et Nagelmackers et Malherbe qui échangent leurs places. Bloem-Bloem (équipage néerlandais), 9ème le matin, descendent en 12ème place derrière Van den Eynde-Glisoux.

Après l’arrivée il fut constaté que la colonne de direction de la Sonett de Hermans se détachait tandis que Burckhardt eu tout le temps de travailler à l’embrayage et décida après plus d’une heure que la voiture était suffisamment réparée pour pouvoir redémarrer le lendemain. Des hommes tenaces qui n’abandonnent pas.

Malheureusement d’autres équipages furent forcés à l’abandon : Van der Straaten-Veys, Plasch-Alpaerts, de Coninck-Michiels.

La plupart des participants étaient heureux mais ... fatigués. Un superbe rallye avec des paysages fascinants, un bon timing, une équipe qui est capable de résoudre même les plus grandes difficultés et des participants qui ont fait du fair-play et de la gentillesse leur slogan.

Mais tous les soucis furent vite oubliés. Le Sponsor ING Private Banking invita les participants à un dîner de gala raffiné au Casino de Spa et avait même, à l’étonnement de tous, fait venir une des Renault Formule 1 qui sera sponsorisée pendant trois ans par ING. Bombardier Swiss Chronograph offrit à deux participants leur dernier modèle de chrono, petit bijou de précision, tandis que Saab proposa à un équipage participant un week-end gratuit en Saab Cabrio.

Le plus dur reste à faire

Moins de kilomètres au programme du dimanche de l’ING Ardenne Roads et certains concurrents croyaient avoir fait le plus dur. Mais ce n’est pas la philosophie de ce premier rallye de classe inscrit au calendrier international belge. 14 contrôles horaires et 5 ZR attendaient encore les équipages.

Le parcours les mena de Spa au Château d’Hergenrath via les Fagnes, Stavelot, Commanster, Rodt, Born, et Faymonville. Ce château de 1260 est souvent utilisé pour reproduire des combats historiques et c’est exactement ce que les concurrents purent admirer pendant le déjeuner ; en effet, un groupe allemand présenta une animation moyennageuse composée de divers tableaux dont des duels à l’épée. Impressionnant selon les dires mêmes des concurrents. Une étape plus courte les mena ensuite par Val Dieu, et Verviers vers l’arrivée à Spa.

Tant Bert Dolk qu’Eddy Gerarts, Pascal Frêches, Michel Closjans ou encore Jan Stofferis restaient des candidats à la victoire mais il fallait aussi encore compter avec Van Eesbeeck, Stelloo, Van Praag, Naegelmackers, Malherbe ou d’autres Van den Eynde.

Bert Dolk-Yves Noelanders, qui prirent le départ en tête le dimanche matin, signent les meilleurs résultats (seulement 5.08 points de pénalité) et confortent ainsi leur position dominante. Ce n’est pas simple pour le spectateur attentif car le nombre de points de pénalité est multiplié par un coefficient basé sur l’année de construction de la voiture. Eddy Gerarts et Eddy Gully connaissent un brin de malchance dans la ZR12 car ils tombent sans freins et doivent donc se contenter d’une 2 ème place ... comme le jour précédent.

Frêches-Lienne, qui pouvait encore prétendre à la victoire au départ le matin, prennent 13.5 points de pénalité dans la ZR9, et glissent à une 5ème place, derrière Closjans-Vandevorst et Van Eesbeeck-Johnson. Les cartes étaient donc effectivement déjà distribuées pour les places de la 3 ème à la 5 ème . Michel Closjans ne se faisait d’ailleurs pas d’illusions : ‘Nous avons moins bien roulés que les années précédentes et savions que nous ne pourrions pas gagner’.

Mais derrière le peloton de tête où les différents équipages se valaient réellement, les choses changent régulièrement. Ce sont finalement Casse-Casse qui passent les premiers l’arche d’arrivée par une petite erreur à l’approche de Spa qui les amène ainsi directement vers l’arrivée, au grand soulagement de Guillaume qui a dû se battre contre un rhume très aggressif depuis le matin. “Je prends cette erreur totalement à mon compte.” insiste papa Philippe. “Je n’étais plus assez attentif. Peut-être déjà l’arrivée en tête ?...”

Roland D’Ieteren connu aussi des problèmes : le témoin d’huile s’est détaché et la voiture a perdu son huile moteur ; le puissant V8 décida ainsi de ne plus continuer ... Paul Engelen et Krista Reul (Bugatti 37 A de 1927) ont eux crevé un pneu à Bergeval. Burgoo-Burgoo (Bentley MK VI Special de 1949) ont dû se ranger sur le bas-côté à ... 200 m de la ligne d’arrivée pour un problème de boîte de vitesse. Le co-pilote David termina donc à pied ! Coene-Coene (Austin Healey 3000 Mk I de 1957), qui avait la veille également eu un pneu crevé et ainsi perdu pas moins de 2500 points refirent aujourd’hui une grande partie de leur retard.

L’arrivée est en point de mire

C’était plus grave pour Nagelmackers-Calsèche, qui pointaient à la 9ème le matin et qu’un court-circuit força à l’abandon. Il était temps de voir l’arrivée pour Hurt-Grosjean car la Triumph TR3 de 1962 commençait à surchauffer et Viellevoye-Theunissen n’avaient plus de 2ème vitesse sur leur Austin Healey 3000 Mk III de 1963. Alexandra Sanchez de Aguilar et Philippe Vandepapeliere avaient dû remplacer d’urgence le filtre d’essence de leur Lancia Flaminia Convertible exclusive à carrosserie aluminium et étaient donc également heureux d’arriver à Spa. La Porsche 356 SC ING de 1964, dans laquelle roulait Arnaud Laviolette, perdait de l’huile tandis que Piet Pauwels et Véronique Soenens sur la Chevrolet Corvette de 1960 pensaient devoir abandonner pour cause d’une bobine défectueuse. L’assistance de l’organisation remplaca la bobine et ce couple sympathique pu ainsi passer la ligne d’arrivée. Thierry Plasch et Michel Christian étaient également très heureux de voir dans le lointain les nouveaux Thermes de Spa car un des amortisseurs arrière venait de décider que son service s’achevait ... Joachim von Beust (D) poussa également un soupir de soulagement après avoir dû écouter pendant deux jours son échappement toucher le sol sur sa très belle TVR Griffith. Il l’avait déjà rattaché de manière plus forte mais cherchera une autre solution pour l’an prochain.

Michel Hermans était à nouveau tout sourire car la colonne de direction de sa Sonett III avait été réparée le matin : “C’est maintenant une tout autre voiture ... un vrai plaisir à conduire.”

Bruno Moulinasse et Anne-Sophie Mariage étaient également heureux de s’arrêter : “Je me suis énormément amusé” nous assure Bruno “mais notre Mercedes a de larges sièges en cuir et des ceintures de sécurité normales. L’an prochain je monte des ceintures harnais pour ne plus glisser dans tous les sens en conduisant.”

Les plus malchanceux furent sans aucun doute père et fils Dirk et Nick Van Praag. Ils quittèrent Spa le matin 8ème et 3ème en pre-war mais, alors qu’ils étaient à l’arrêt au carrefour avec une route principale, une voiture les emboutit en prenant un virage trop large. Le côté gauche de l’imposante Delahaye était fort abimé et après quelques travaux de réparation, Dirk et Nick purent quand même rallier la ligne d’arrivée par leurs propres moyens.

Tous les participants sans exception étaient aux anges. Un beau rallye, une bonne organisation, un parcours passionnant avec des routes parfois exigeantes et des paysages pittoresques. Certains en avaient presque les larmes aux yeux. Et tous étaient d’accord pour dire que cette 6ème édition de l’ING Ardenne Roads de Jean-François Devillers et son équipe était une fois encore plus réussie que les organisations précédentes déjà tout-à-fait parfaites et qui reçurent de nombreux compliments.

Comment l’organisateur Trajectoire va-t-il s’y prendre pour une fois encore faire mieux la prochaine fois ? Cela semble (une fois de plus) impossible.

 Photos Trajectoire/Pierre Randaxhe.

 Trajectoire Organisation


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