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POL GRANDJEAN : garder TERROT vivant... promesse tenue !

jeudi 6 septembre 2007, par Jean VAN DER REST

Nous venons de le retrouver quelques années après une rencontre qui a laissé des traces dans nos mémoires d’amoureux de vraies mécaniques. Aujourd’hui retraité, il n’a pas pris une ride.

FLASH-BACK !

Depuis mon plus jeune âge, j’aime la mécanique. Toute la mécanique !

Nous nous en étions rendu compte dès notre arrivée, dans cet environnement de motoculteurs, tondeuses, broyeurs et autres tronçonneuses qui nous entourent dans l’atelier. Tout y était net, rangé là où chaque chose semblait avoir sa place (et ça n’a pas changé). Ce sont les révisions des machines de nos clients.

A la lecture des étiquettes nominatives, l’on vient toujours de loin pour faire réviser ses machines chez lui. Nous ne sommes pas venus pour faire face à la poussée du gazon d’automne, mais pour rencontrer le maître des lieux et le faire parler de sa passion : la moto ancienne ! Plus particulièrement les TERROT.

Tout gosse, je chipotais déjà à tout ce qui pouvait se démonter, que je m’acharnais ensuite à remonter. A 14 ans, ça se précise ! Son cousin lui offre une petite Gillet. La surprise ! Le choc !

Pour rouler, elle va rouler !!! Et il ajoute : lorsqu’elle a été presque à bout de souffle, je l’ai démontée entièrement, révisée et remontée. J’étais content de et fier du résultat. Ensuite, dans les années 63-64, j’ai eu une Guilleta. Le travail quotidien prenant le dessus, Pol pendant quelques années fait l’impasse moto avec une 2 CV. " aussi parce qu’il valait mieux sortir couvert, lorsque j’emmenais une fille au bal", avoue-t-il..

Mais le virus était dans le sang ! Tout a recommencé un dimanche. En livrant une tondeuse. La porte de la remise du client est ouverte et notre ami aperçoit un réservoir de moto, là, par terre, entre boites et caisses. Oh ! J’ai à peu près 2 motos en morceaux dans des caisses. Là, dans le fond ! Trente minutes plus tard, Pol repart avec boites, caisses, cadres, roues,……ferrailles. Un an après, il avait reconstitué une Gillet et une Triumph TWN ( deux 125 ).

Ca y est, c’est reparti ! Il apprend qu’à Givet - qui n’est pas bien loin, une Terrot 350 est à vendre. L’affaire se fait et la Terrot 350 de 1927 prend le chemin de l’atelier de Mr. GRANDJEAN ( comme l’appelle les centaines de résidents de l’entité ). Mr. Grandjean démonte et c’est le coup de foudre vis à vis de la marque et sa Terrot 2ème époque de l’histoire du fondateur, (après 1920).

Cette 2ème époque qui verra dès1922, la disparition progressive mais rapide des bicyclettes à moteur. La nouvelle Direction de ce qui est devenu les "Etablissements Terrot" décide de jouer la fiabilité de la marque par la compétition motos.

Tout commence en 1923 avec René DESDIONS, champion de France qui remportera ensuite Paris-Nice à 3 reprises (1923-24-25) sur 175 cc. Jules ROLAND lui, remporte sa première victoire à Salon de Provence l’année suivante, alors que Pierre PERROTIN décroche le titre de champion de France en 250 cc la même année (1926). Epreuves d’endurance et kilomètre(s) lancé(s) sont intégrés aux programmes et Jacques DURAND gagne sa place dans ce qui deviendra le trio de base des pilotes de l’Usine,avec un grand U comme le voulait Alfred Vurpillot "LE" patron. Celui-ci vient de confier en plus à son fils Jean la responsabilité de ce que l’on appelle maintenant communément l’écurie d’usine, qui depuis un an (1925) appuie les pilotes en courses. Le trio de base est ainsi devenu un véritable trident de pointe et ensemble, ils piquent.
- Jugez-en !

Dans les 5 années d’activité, l’équipe compétitions va s’aligner dans près de 400 courses. La marque Terrot totalisera à elle seule près de 300 victoires. Les concurrents français et étrangers se partageant le solde.

La fabrication quant à elle, passera de 1000 unités annuelles au lendemain de la guerre à 10.000 en 1925 et à 20.000 au début des années 30.

Dans le même temps, l’Usine qui comptait 200 salariés dans les années 20, passera à un effectif de 1500 personnes. Travailler chez Terrot à Dijon, c’était un peu comme "entrer" chez Gillet, Saroléa ou FN à Herstal. Nous sommes à l’époque où la Terrot bas de gamme se vend un peu plus de 4000 F et la haut de gamme, 1000 F de plus. La première affiche une performance en pointe de 65 km/h. et 115 pour l’autre. Le catalogue présente une moyenne de 10 à 12 machines chaque année dans cette fourchette de prix et de performances.

C’est l’une de celles-ci que nous avons retrouvée chez Pol Grandjean à Gedinne. Une Terrot 350 de 1927. Mais le coup de foudre c’est transformé ensuite en coup de cœur. Il a pris une décision. C’est fixé : Terrot de préférence !

Et ce fut quelques années plus tard la découverte d’une autre 350 de 1931-32 "dans son jus" que nous retrouvons sortant d’atelier, après deux ans.

Oui. Sortant d’atelier. Pas seulement de carrosserie, mais de l’atelier de mécanique. Son atelier. Son domaine bien à lui, voisin de celui de mécanique quotidienne d’entretien et de réparations. Car les Terrot que l’ami Pol achète, échange ( 2 Jawa contre une Terrot ) ou reçoit, ressortent de l’atelier, vitesse enclenchée et guidon en mains.

Toutes les Terrot qui sortent des mains de Pol, sont roulantes.

Ayant toujours été parmi les motos les plus silencieuses ainsi que le voulait Jean Vurpillot, la 350 roule, vire et monte harmonieusement quelque 75 ans après sa sortie d’usine. Non pas pour le tour du pâté de maisons, mais sur les routes ardennaises belges et françaises qui entourent Gedinne et permettent des randonnées de haute qualité. Pas surchargées ces routes asphaltées entre forêts et champs sont sillonnées seul ou en petits groupes, entre 65 et 80/90 km/h.

Rassuré après un circuit diversifié alliant plats, virages et côtes Pol ramènera sa Terrot à côté d’une de ses acquisitions, une FN "Sahara" de 1927, elle aussi.

"Je n’ai plus trouvé de Terrot (à un prix abordable) depuis un certain temps et la FN a une très belle histoire aussi ".

Après que les pièces soient passées aux chromage et nickelage et que le moteur qu’il avait déposé ait été remonté, c’est lors d’une prochaine sortie du Moto-Retro Famenne-Ardenne dont il est membre – que vous le rencontrerez sur sa Terrot (1931-32) avec les 2 sièges occupés.

Le bonheur : sa femme et sa Terrot.

Bonne route Pol !

Aujourd’hui c’est une LONGHI (très rare) qu’il s’est juré de remettre "comme à l’origine’’.
- Et notre diable d’homme n’est pas loin d’y parvenir.

A vous d’en juger !

Jean Van Der Rest.

- Pol Grandjean Gedinne (Belgique)

- *A lire aussi : On aurait du sauver Terrot !


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