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Spa historic rally : en parcourant les "routes blanches" …

mercredi 12 septembre 2007, par Raymond COLLIGNON

Spa Historic Rally - 31/8 & 01/09/2007



La haut, gouttes à gouttes, la fagne de Malchamps distille ses perles d’eau…

Spa résonne du bruit des Webers, les belles rodent à nouveau au pied du casino…

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Spa résonne du bruit des Webers, les belles rodent à nouveau au pied du casino…

Dany Delettre aux commandes d’une équipe de plus de soixante personnes s’apprête à donner le départ du sixième « SPA HISTORIC RALLY »…

Francis Dozo a peaufiné l’itinéraire, le temps est bon, toutes les conditions sont réunies pour réussir un nouveau rallye de caractère.

Le défi cette année est d’ajouter une « classic Night » le vendredi soir, un prologue non obligatoire mais donnant quand même l’ordre du départ du lendemain où sont programmées deux longues boucles de près de 4oo kms constituant le vrai cœur de l’épreuve.

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La BMW 328 de Roland D’IETEREN et Willy BRAYARD. (Photo B.Lorquet)

Trois catégories se retrouvent au départ : les « classics » avec tous les équipiers « gros bras » habituels, les « Touring » en principe plus amateur mais où se fourvoient quand même quelques belles pointures de la navigation et les « découvertes » dont le but principal est de découvrir la région dans une ambiance rallye avant, peut-être, de monter de catégorie.

Classic Night, cela démarre fort !

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Photo B.Lorquet

Le vendredi soir donc, une petite boucle de 8o kms est proposée facultativement à quelques amateurs de sensations fortes.

La majorité de cet itinéraire est tracé autour de Spa, il faut le découvrir au travers d’un road book avec différents types de fléchés et des cartes à tracer.

Beccard Reid, Desnié, Hautregard, Vert buisson, Winanplanche, Maquisard, des noms qui fleurent bon les anciennes « routes blanches » que le père Delettre nous a fait déjà parcourir dans tous les sens à la grande époque…

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Les "fins limiers" prêts à en découdre, cela ne sera pas facile.

Dès l’abord, les choses sont entendues, c’est un rallye pour grands garçons qui nous attend, la moindre erreur est fatale, les départs de spéciale se font en « self start » et les moyennes à respecter deviennent vite impossible à respecter lorsqu’on « rentre en retard » et qu’il faut essayer d’en sortir quand même à l’heure…

Le rythme est intense, les routes très étroites ne permettent aucune glissade, il faut rouler vite en restant sur des rails. C’est le pilotage « à la Belge », si frustrant mais seul adapté quand les bords très rapprochés des chemins sont de talus, d’arbres ou de rochers !

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Photo B.Lorquet

Après deux bonnes heures d’empoignades, la trentaine de courageux engagés dans cette classic night en sortent en ordre dispersé.

C’est évidemment un équipage très expérimenté qui l’emporte à ce petit jeu.

Robert Vandevorst mène Michel Closjans avec tant de précision dans son jardin qu’ils arrivent à terminer cette nuit quasi sans pénalité, ce qui est loin d’être le cas de tout le monde !

La Volvo automag, sortie de sa léthargie monégasque, ne s’en tire pas trop mal, nous la classons en dixième position ce qui sera donc notre place de départ du lendemain.

Samedi premier septembre, la terre est dure !

Le « vrai » rallye commence donc, les deux catégories principales prennent le départ le matin alors que les « découvertes » ne s’aligneront que l’après-midi.

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La Volvo automag, sortie de sa léthargie monégasque.

Plus question de cartes, rien que du fléché métré et non métré avec évidemment quelques beaux pièges dont le Maître Dozo ne sait pas se passer.

Le rallye démarre par la course de côte du maquisard ce qui constitue indéniablement une bonne mise en jambe et même une reconnaissance pour ceux qui participeront bientôt à la course historique organisée par l’écurie Ardennes.

Après cette côtelette, l’itinéraire caracole à travers mont et bois pour nous mener vers les très mythiques spéciales de haute-Bodeux, basse-Bodeux… que de plaisir à retrouver cette longue spéciale pour « gros cœurs » où les longues courbes succèdent aux longues courbes et les jumps aux jumps entre les arbres bordant en de nombreux endroits la route sans fossé. Là, Francis fait fort, on tourne, on tourne, on tourne ! Il est vrai que jamais on ne se croise… par contre maintes fois on repasse sur l’itinéraires, rejoignant, croisant, dépassant les autres concurrents.

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La VOLVO AUTOMAG file au-dessus du MAQUISARD ... en parcourant les "routes blanches".

Arrivés à Basse Bodeux, les conversations vont bon train « tu te souviens du carrefour deux fois ? » « Ah la descente entre les arbres ! »

Le jeu ne fait que commencer car on n’a pas encore eu de « terre ». Le rallye repart vers Arbrefontaine, Rencheux, Goronne et là , approchant l’autre mythique « Wanne », commence un peu de « frotte frotte carter ». Les chemins plus prévus pour VTT sont étroits et peu fréquenté par les voitures, on n’y a même jamais vu aucun « quatre-quatre de l’avenue Louise » !

Après Wanne, Francis veut nous faire aborder Stavelot sous un angle inédit. Pour ce faire, nous prenons un petit chemin que même les habitants d’ « Henumont », le village proche, ne fréquentent qu’à pieds ou en de rustiques tracteurs !

Dans le road book, il écrit « mauvais sur 1OO mètres désolé ! », là, pas de mensonge, c’était effectivement très mauvais ! Heureusement, cet original itinéraire nous mène, comme des sauvages sortant du bois à Stavelot la belle par un angle totalement inédit, le plaisir en valait la chandelle…mais pauvres voitures !

Après Wanne et Stavelot, c’est Ster, une autre très rapide spéciale des anciennes boucles de Spa qui nous attend.

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Photo B.Lorquet

On ne fait pas le fameux « Jump » et on arrive à Francorchamps à l’envers de l’habitude, là, juste avant l’arrivée de la spéciale, nous avons croisé notre premier tracteur dans des conditions très limites, ce n’est que le premier d’une longue série…

Après ce très beau hors d’œuvre dans la plus grande tradition des « boucles », nous rejoignons enfin Spa pour un très court répit.

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La superbe LANCIA AURELIA au départ.

Seconde boucle, à l’est, les tracteurs font la loi !

Après une heure d’arrêt, c’est vers l’Est que le rallye repart. Malmedy, ferme Libert, Xhoffrais puis Robertville et les « cantons de l’est »…sont à un jet de pierre.

Là, on change de monde, les « riverains » croient être propriétaire de la voie publique qu’ils n’hésitent pas à entraver en véritables « hors la loi ». Quand ce n’est pas un homme hurlant bâton à la main, c’est un gigantesque tracteur qui bloque volontairement la route…et les sourires ne suivent pas !

Dans ces conditions, réussir son rallye, tient un peu du jeu de hasard. C’est probablement hélas là le prix à payer pour pouvoir encore parcourir sur routes ouvertes ces endroits superbes.

En tous cas nous, nous prenons tout…, nous nous retrouvons à l’arrêt pendant plus de dix minutes derrière un gigantesque monstre vert que notre ami Georges Chalsèche, arrivé bien derrière nous tente, plein d’ironie, de faire bouger, mais rien n’y fait évidemment ! Le fermier lui n’y comprend rien, il prend bien son temps pour remplir son énorme citerne de l’eau glaciale de la Warche et il rigole même de voir toutes ces voitures arrêtées à la file en un endroit où jamais personne ne passe.

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Nous nous retrouvons à l’arrêt pendant plus de dix minutes derrière un gigantesque monstre vert que notre ami Georges Chalsèche, arrivé bien derrière nous tente, plein d’ironie, de faire bouger, mais rien n’y fait évidemment !

Un peu plus loin, l’aventure continue…dans un chemin de terre, c’est un autre tracteur qui nous bloque, mais là, nous ne sommes pas les derniers…on fait la file à dix à l’heure entre les haies.

Heureusement, la région est belle et le parcours, très original, sort systématiquement des sentiers battus pour compenser.

Pour nous, pas de chance… notre route croise ensuite un chasseur en grosse Mercedes grise, entre panzer et char tigre, il bloque sans complexe les concurrents dans « ses » bois. Son pauvre gibier pour lequel il paie si cher pour avoir le droit de le tuer à distance à coups de fusil à lunette est évidemment dérangé par ces drôles de voitures, bien plus probablement que par les cris et hurlements des rabatteurs pendant la chasse !

Après s’être dégagés, nous atteignons ensuite la merveilleuse vallée de l’Our, nous frôlons la Germanie en empruntant même un bout de « ravel ». Quelques touristes en sac à dos nous regardent de travers… pourtant nous roulons à quinze à l’heure.

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Dans un chemin de terre, c’est un autre tracteur qui nous bloque, mais là, nous ne sommes pas les derniers ... on fait la file à dix à l’heure entre les haies.

C’est du chacun pour soit, le chasseur chasse, le randonneur randonne, le cycliste pédale, mais personne ne tolère vraiment l’autre surtout quand, en plus, une voiture de rallye passe pour perturber leurs guerres…

Ainsi se termine la balade, les concurrents retrouvent Stavelot et Spa, là où le sport automobile est vraiment le bienvenu. Pourtant en pays « rédimés », ils ont eu les « douze heures de l’Est »…mais il faut croire que cela n’a pas assez titillé leurs gènes pour que cette folie de gentlemen rentre dans leur culture.

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Photo B.Lorquet

Un rallye sportif gagné par un équipage inattendu.

La remise des prix se fait dans une des plus somptueuses salles du casino de Spa, cet aspect "tradition" est aussi respecté par les organisateurs.

C’est finalement les « Albert » père et fils sur leur MGB qui gagnent l’ épreuve haut la main contre toute attente. Ils devancent les chevronnés Adriaens- Gully et Lux-lambert, pour une fois moins à la fête.

Cakotte- Damseaux, emportent facilement la catégorie « touring » alors que les Leonard père et fils aussi, en délicatesse avec la boite de vitesses de leur Saab 96 V4, s’imposent en « « découverte ».

C’était une belle épreuve où chacun doit cependant bien se positionner dans sa catégorie s’il veut trouver du plaisir. La classe "touring" est probablement le meilleur compromis pour les rallyemen « normaux » où les éventuels amis étrangers qui voudraient s’y frotter dans le cadre d’un challenge européen comme il en est question.

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Francis DOZO, un "traceur" plein de verve, toujours à la recherche des chemins inconnus de tous.

Certaines routes de terre étaient certes un peu "limite", imposant aux voitures une préparation spécifique mais qu’à cela ne tienne, c’est aussi grâce à ces passages virils que nous avons découvert des coins complètement oubliés de nos Ardennes.

Il faut donc le savoir au départ : le « Spa Historic » est un vrai rallye qui tente, en respectant les lois et les règles actuelles, de se rapprocher le plus possible des grandes épreuves secrètes sur routes ouvertes d’antan, l’esprit des anciennes "routes blanches" traînent encore en ces lieux et c’est très bien ainsi !

Raymond Collignon.

- Le site du SPA Promotion Autoclub.

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