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Drome Légende 2007, Soleil en Baronnies !

jeudi 11 octobre 2007, par Raymond COLLIGNON

Drôme Légende : 22 & 23 septembre 2007.



Un vent glacial souffle sur Nyons, c’est normal il paraît. Ici, à cette époque, Eole se lève tous les jours ; violent, il sort des Baronnies pour aller s’engouffrer dans la trouée du Rhône et filer vers la Camargue…

 « A dix heures ce sera fini, c’est comme ça ici ! »

L’organisateur du rallye Fred Cornéo, connaît tellement bien le coin qu’il y prédit même le temps ! A IO heures en effet tout se calme et le soleil, maître du jeu, reprend la main définitivement…

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Fred Cornéo, un meeting au soleil...

Il y a une soixantaine de très belles voitures au départ emmenée par la Matra 65O toujours et pour longtemps détentrice du record du tour à Francorchamps à plus de 25O Kms/H de moyenne avec Pecarolo au volant !

Le miaulement du 12 cylindres dans la montagne rappelle à l’identique celui que la même voiture émettait à son époque de gloire dans Masta ou dans les Hunaudières. La maréchaussée locale ferme les yeux car ni au niveau des décibels chantés, très musicaux il est vrai, ni au niveau des vitesses atteintes par la belle bleue, nous ne nous trouvons dans les normes aseptisées des règles du moment !

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Les "organisatrices, Nancy en tête," frigorifiées. "Un vent glacial souffle sur Nyons, c’est normal il paraît"

Une cinquantaine de concurrents majoritairement Français prennent le départ de l’épreuve en « anciennes » une dizaine d’autres partent en « moderne »(après I98O). Nous retrouvons là quelques vieilles connaissances Pascal et Stéphanie Aimé les grands spécialistes de la régule et autres Bonnard , Perret, Chapotot, l’ami Chavan épaulé de Jean-Luc Fraikin au volant de sa Mercedes 25O SE et même, bonne surprise, Claude Dubois lui-même alignant une rouge Triumph TR3 B. Nous nous trouvons là en face de deux « légendes vivantes », Chavan ayant écumé tout ce qui se faisait en rallye dans les années 6O-7O après avoir gagné les 24 heures de Francorchamps et Claude Dubois ayant participé, entre autres folies, plus de IO fois aux 24 Heures du Mans en passant de la Ferrari GTO à la Shelby, toujours avec succès !

Quant à l’équipage Automag, il a fait une première infidélité à la Volvo et à la BM. C’est en effet une très belle Porsche Carrera 3 litres bien « coursifiée » que nous alignons. Adrien, l’heureux propriétaire de la merveille, lui a en plus fait greffé une rampe de phares la rendant digne des reines anciennes de la nuit.

J’avais déjà piloté une Porsche 911 2 litres aux 24 heures du Castelet mais ici, cela n’a plus rien à voir…le moteur est très « coupleux », il accepte en plus de prendre plus de 6.5OO T/M parfaitement épaulé par une boite à rapports très courts et un « gros » autobloquant.

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une rampe de phares la rendant digne des reines anciennes de la nuit.

Pas de servo-direction, pas de servofreins, pas de vitres électriques, à peine un chauffage… la belle, toute légère, affiche un poids de forme à faire pâlir un mannequin anorexique, grâce à cela, elle, ne donne que du plaisir !

NYONS - REMUZAT, d’abord une belle promenade.

Nous connaissons le prix à payer pour pouvoir rouler sur routes ouvertes en secret et à moyennes imposées. Nous devons quelque fois nous promener surtout avec la Porsche qui, d’un coup de gaz, rattrape son retard en un temps record.

La navigation n’est pas compliquée, il faut seulement être attentifs à quelques pièges, le résultat se fait donc « à la seconde ». Ceci étant dit, ici, le pilote peut prendre son pied sans chercher le contrôle caché « derrière l’arbre ». Les routes étroites, sinueuses et très peu fréquentées permettent de rouler à bon rythme en s’amusant comme dans un vraie plaine de jeux construite exprès pour les grands garçons déraisonnables que nous sommes restés.

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C’est beau la Drôme…

Cette première étape nous mène en zone connue par le Monte Carlo : de la montagne et de la belle… col de la Valouse, Orcinas, Saint-Nazaire le Désert, on croit rêver, pas un mètre de ligne droite et pratiquement aucune circulation… le vrai désert autour de Saint Nazaire !

Après trois bonnes heures de course, nous arrivons à Rémuzat qui constituera le cœur réel du rallye. Rémuzat est situé au milieu des montagnes pas loin des hautes alpes elle constitue un point central idéal pour faire, autour, des boucles sportives et diversifiées.

Rémuzat- Rémuzat, cela tourne de plus en plus !

Après cette belle mise en bouche, nous repartons l’après midi pour une très longue étape dans les Baronnies. A notre grand étonnement, nous sommes classés second, mais trois secondes derrière le premier ; tout se joue vraiment à la seconde.

De nouveau, cela tourne tout le temps et les étape de régularité se suivent à bon rythme, il ne faut pas traîner car nous arrivons régulièrement au départ des self starts dans la minute idéale. La Porsche est aux anges, elle s’avère une redoutable conquérante de montagne parfaitement efficace sur les routes gravillonnées assez nombreuses que nous parcourons.

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Au bout des phares, la Drome et ses légendes

Quand on la pilote, on se rend compte du fossé qu’il y a entre ce type de voiture et la plupart des autres anciennes. Cette mythique et relativement rustique Allemande, très lointaine cousine des premières coccinelles avec son moteur en porte à faux arrière, mérite vraiment sa réputation ; on comprend son incroyable palmarès avec à son volant tant de pilotes aux gros cœurs, aussi bien en circuits qu’en rallye. Tant qu’on met les gaz, cela passe ! Evidemment, c’est facile à dire, il faut quand même se méfier de son foutu train avant féru de dérobades et de sa boite G 115 qui demande un certain doigté si on ne veut pas provoquer en permanence un festival de craquements sinistres !

Après un passage à Montbrun les bains, nous traversons, au retour, le col de Peyruergue, notre Dame de Beaulieu et d’autres endroits aussi tournicotant.

Alors que la nuit tombe, nous regagnons Rémuzat. Pour certain, la première partie de l’épreuve est finie, pour d’autres, une belle épreuve de nuit, hélas facultative, commence.

Etape de nuit, le plaisir !

Il y a quand même une trentaine de voitures, soit une large majorité, au départ de cette aventure facultative. Fred Cornéo voyant que la plupart des concurrents repartaient la nuit a d’ailleurs promis d’en tenir compte dans le classement la prochaine fois, ce qui nous aurait déjà bien arrangés cette année.

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Le miaulement du 12 cylindres dans la montagne...

Dès le départ, cette étape démarre très fort, dans la première spéciale, en partie sur terre et très étroite, nous rattrapons après moins de 3 kilomètres la voiture partie une minute devant nous. Pour dépasser dans ces conditions c’est du « frotte-frotte » assez compliqué d’autant plus que pour réussir les temps imposés, il faut vraiment y aller fort. Les conditions atmosphériques sont heureusement impeccables, pas de brouillard, pas de pluie mais, malgré cet élément favorable, le rythme est nettement plus tendu que la journée, la nuit reste la nuit avec ses pièges et ses plaisirs.

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Une partie de l’étape de nuit, cela donne le tournis !

Tout se passe cependant en relative sécurité sur des routes totalement désertes et sans le moindre riverain à croiser en ces montagnes…cela nous change des rallyes dans nos régions surpeuplées !

Après plus de trois heures à bonne allure en passant par la col de Carabes, la montagne de Tarsimoure et Pomerol, d’autres noms fleurant bon les grands rallyes français, nous regagnons Rémuzat à près de deux heures du matin.

La journée a été très longue, tous les bars sont fermés, c’est cela aussi la France profonde… il ne nous reste plus qu’à dormir comme de simples citoyens, c’est dur d’être raisonnables...

Dimanche 24 septembre retour en douceur vers Nyons.

C’est la Porsche jumelle de Bennachio- Rey qui a fait le meilleur classement de la nuit, nous ne sommes pas loin en deuxième position ex æquo, à l’analyse des résultats, nous nous rendons compte que nous sommes arrivés à pointer 6 secondes en avance dans une étape ! Les pénalités pour avance comptant double, cela ne pardonne évidemment pas à ce niveau.

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Les Baronnies nous attendent

Tout le monde raconte ses exploits de la nuit, c’est très amusant, mais il y a toujours plus à dire sur les sombres aventures cachées par la grande obscurité. Aucun en tous cas n’a pas eu sa petite frayeur ou n’a fait son erreur de concentration… tous ont dépassé ou se sont faits dépasser dans des conditions « limites », le peloton bourdonne avec délectation de toutes ses tartarinesques histoires…

Après une courte nuit, nous abandonnons Rémuzat aux lavandes pour retrouver Nyons et ses olives, on bascule du mauve au vert en passant par la transition de l’ocre aride des rochers.

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"Claude Dubois ayant participé, entre autres folies, plus de IO fois aux 24 Heures du Mans" avec son équipié allemand HOHM Volkmar

La route parcourt à nouveau une merveilleuse région baignée de soleil. Avant l’arrivée à Nyons et la dernière spéciale, nous avons même droit à une dégustation d’un « jus de fruits spécial » à VINSOBRES au domaine de Coriançon. Il est rouge ou blanc, bien alcoolisé et charpenté, à base de Grenache, Syrah, Mourvèdre et autres raisins des côtes du Rhône dont il porte d’ailleurs étrangement le nom !

Certains repartent de là en emportant de lourds cartons de cette merveilles, ils peuvent bien alourdir les voitures pour la dernière épreuve qui n’est pas trop dure !

Nyons, ses huiles et ses olives nous attendent, le long rallye est déjà fini, tout le monde en redemande tant la région est inépuisable et belle.

Un rallye sportif à travers la Drome et ses légendes.

Indéniablement Fred Cornéo et son équipe retiennent les leçons du passé pour aboutir à des organisations d’épreuves de plus en plus réussies. Il est vrai qu’ils ont la chance de disposer sous la main du plus beau terrain de jeu possible : des petites routes de montagne désertes, tournoyantes, glissantes à souhait. Les compétition qu’ils y organisent ne sont pas de grandes épreuves de navigation, d’ailleurs la région s’y prête relativement mal, mais bien des rallyes de vraie régularité où ni le pilote ni l’équipier ne s’ennuient, toujours attentifs à la fois au pilotage et au respect des moyennes.

C’est d’ailleurs un équipage très spécialisé en cet exercice qui a gagné logiquement : Stéphanie et Pascal Aimé ont mené avec brio la Peugeot 1O4 ZS au sommet, ce n’est pas par hasard que, au volant de leur Autobianchi Abarth, le même équipage a terminé second à un jet de pierre d’Alain Lopes au fort enneigés dernier Monte Carlo 2OO7 !

Pascal est aussi une des chevilles ouvrières de la société qui fabrique les ATB et autres Mini trips de plus en plus utiles dans ces épreuves « à la seconde ». Dommage cependant que l’épreuve de nuit n’ait pas compté car le classement en aurait certainement été modifié. Nous sommes très heureux malgré tout d’avoir amené notre « jeune » Porsche à une honorable quatrième place, bon baptême pour la gamine et vivement la suite sur les routes de France et de Navarre !

Raymond Collignon.

 DROME AUTO PASSION
 Chemin de la Touche
 26780 CHATEAUNEUF DU RHONE
 Tél. & Fax : 04.75.90.88.95
 www.drome-autopassion.org


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